Chanson
[Interview] Emilie Simon sublime Paris et l’amour avec « Mue »

[Interview] Emilie Simon sublime Paris et l’amour avec « Mue »

18 mars 2014 | PAR Bérénice Clerc

Emilie Simon a mué, après la bouleversante b.o de La Délicatesse elle se transforme, n’oublie rien, ne perd pas la trace des cicatrices de la vie, mais change de peau, retrouve l’ancienne, bonifiée douce, en français dans le texte, des sonorités proches de son premier album, le charme de tous ses albums, la candeur après le passage de la vie comme un bourgeon devenu fleur, elle ne perd pas sa source, reste accrochée à sa nature musicale.

Cover alb Mue RVB

Mue ressemble à un album concept, Paris en est la muse. Paris sublimé, Paris rêvé, Paris aimé, Paris démultiplié, Paris libéré de tous ses négatifs clichés.

Chaque chanson peut s’écouter séparément mais l’ensemble forme une jolie histoire, romantique, idyllique où les cordes rencontrent les percussions et la voix suave d’Émilie Simon.

Des textes simples au sens noble du terme, des mélodies pétillantes, à fredonner à loisir sous un soleil de printemps. « Des larmes » est notre coup de cœur, « Paris j’ai pris perpète » et « Les étoiles de Paris » la suivent de très près.

Les sonorités moins électro révèlent la poésie romantique et fantaisie de la chanteuse à la créativité débordante et l’envie de partager chevillée au corps. Une jolie pochette, travaillée avec des photos comme Emilie Simon aime les faire habillent cet album comme un bijoux raffiné.

Les lives à venir promettent de beaux moments avec de nombreux instruments et sans doute de jolies mises en scène sans oublier les costumes et les lumières pour créer un ensemble unique et artistique.

Les fans d’Emilie Simon ne seront pas perdus à l’écoute de Mue et des nouveaux addictes vont s’accrocher à ce son si précis travaillé et ciselé en parfaite adéquation avec les paroles.

Emilie Simon a partagé un thé à la menthe avec Toute La Culture pour répondre à nos questions. Douce, à l’écoute, pétillante et timide à la fois elle nous livre les secrets de ce nouvel album aujourd’hui dans les bacs.

Lisa Carletta1

Présentez-nous MUE, votre dernier album.

Émilie Simon : C’est un album que j’ai écrit à Paris, il parle beaucoup de Paris, il est inspiré par un Paris romantique du début du siècle dernier. C’est une grande histoire d’amour avec des chansons qui vont refléter différents états émotionnels. Ce sont des sentiments humains mis en scène dans un Paris sublimé. Il a été réalisé entre Paris, New York et Londres. Il est très orchestral, j’ai enregistré un ensemble de vingt cordes à Londres, des cuivres…

Comment avez vous créer cet album ? Vous fixez-vous des limites de temps ?

É.S. : Au départ je ne me mets pas trop de contraintes, je laisse les choses vivre, je laisse venir, mais j’ai de la chance, je suis très inspirée donc cela va souvent vite ! Quand ça commence à se dessiner plus précisément là je me fixe des objectifs, des dates de travail, d’enregistrement pour finaliser, enregistrer…

Avez-vous tout de suite décidé de faire un album sur Paris ?

É.S. : Non pas du tout, chaque chanson vient apporter sa pierre à l’édifice, puis on se rend compte que cela commence à raconter quelque chose. Il y a des morceaux qui viennent très naturellement au départ et puis ensuite je relis les points entre eux et je me rends compte que ça raconte quelque chose de précis.

Quelle est la première chanson que vous avez écrite pour cette album ?

É.S. « Paris j’ai pris perpète » est la chanson au cœur de l’album, c’est à partir de cette chanson que j’ai su que j’étais en train d’écrire un album, elle donne un sens à toutes les autres.

Ecrivez-vous d’abord la musique et après les textes ou l’inverse, ou n’avez vous pas de routine ?

É.S. Cela dépend des cas ! « Encre », le texte est venu d’abord. Pour « Paris j’ai pris perpète » musique et texte sont venus en même temps, d’autres naissent de la mélodie… En général les mélodies me viennent souvent d’abord mais il n’y a pas tellement de règles.

Comment avez-vous choisi les singles et les clips ?

É.S. Avec la maison de disque nous avions envie de choisir un titre un peu différent de ce que j’avais fait avant. Partir sur « Menteur » me plaisait bien, c’est différent, cela m’a donné envie de faire plein de choses comme réaliser le clip…

Avez-vous la sensation de retrouver vos premières amours, les mélodies douces, moins électro les textes en français…?

É.S. Oui peut-être, il y a bizarrement des choses qui me faisaient penser à mon premier album en plus mûr. Il y a beaucoup de cordes, un coté un peu plus détendu, plus léger. Il y a une boucle vers le premier album. On explore et parfois des boucles se forment.

Est-ce parce que vous étiez à Paris que cet album est né ?

Émilie Simon : Oui, oui, j’ai passé beaucoup de temps à Paris, j’ai beaucoup écrit ici. C’est un peu comme pour « Big Machine », j’étais tellement dans la curiosité de découvrir New York, j’étais immergée dans la langue anglaise. J’ai l’impression d’avoir fait la même chose par rapport à Paris avec une autre approche de Paris, sublimé, poétique, romantique. Une perception que j’avais pas eu forcément les années précédentes et que j’ai eu envie d’explorer.

Qu’aimez-vous particulièrement dans Paris ?

É.S. Les toits, les monuments, les lumières parfois quand il fait beau sur les pierres, les jardins, les terrasses de café, les gens qui font la fête dès qu’il fait beau. Paris est extrêmement beau, romantique et historique, un aspect très contemplatif. Je me sens parisienne, je voyage beaucoup, j’aime prendre de la distance et revenir pour voir les choses autrement. Découvrir d’autres choses, revenir chez soi avec une autre vision et voir tous les trésors que nous avons.

Avez-vous des projets de live avec cet album ?

É.S. Absolument ! Nous partons en tournée, nous avons plein de dates prévues cet été, une tournée à la rentrée…

Allez-vous faire des concerts avec instruments réels, des cordes, des cuivres…?

É.S. C’est possible ! Ce n’est pas encore défini, nous travaillons, mais j’aimerais beaucoup, ce serait très très bien.

Aimez-vous plus travailler le son électro ou les instruments ?

É.S. J’aime les deux, cela dépend de ce que je recherche. Pour une démarche plus expérimentale, de travail de texture, de sculpter son son, l’électronnique est magique. On arrive à créer ses propres sons, ses propres synthés, à retravailler des sons naturels, à les modifier, à leur donner une pâte surréaliste, cela peut être fascinant. Mais parfois on veut d’abord mettre en avant la mélodie, les paroles de façon épurée, on peut avoir envie de rester très sobre et naturel au niveau des textures. Ce sont plein de couleurs sur une palette et en fonction de ma recherche j’irais plus dans les pastels, plus dans les contrastes, c’est comme ça que je vois la musique.

Pour vos créations, faites-vous des associations plastique et musique ?

Émilie Simon : Oui oui oui, j’écris avec beaucoup d’images en tête, parfois même des parfums, ils viennent m’aider à appuyer l’univers sonore. Ma musique est très visuelle.

Aimez-vous travailler seule ?

Émilie Simon : J’aime travailler seule, mais j’aime aussi m’entourer, discuter, collaborer. Je fais murir les choses seule et à un stade avancé j’ouvre les portes.

Quelle est votre définition de l’amour ?

Émilie Simon : Don et bon. L’amour c’est donner du bon !

Pour vous qu’est-ce qu’un artiste ?

Émilie Simon : C’est quelqu’un qui crée sa vie, sa réalité et la communique aux autres. Il crée d’autres façons de faire les choses, il met en évidence d’autres perceptions, d’autres ressenties.

Visuels (c) : Lisa Carletta

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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