Musique

CD : The Black Eyed Peas, The Beginning ou la panzer-techno

04 décembre 2010 | PAR Mikaël Faujour

Après les incontournables “I Gotta Feeling” et “Boom Boom Pow » du dernier album (la dernière en collaboration avec le non moins incontournable David Guetta), les Black Eyed Peas reviennent à la charge, armés jusqu’aux dents de hits potentiels qui atterriront directement dans les barillets de la mitraille des radios & dans les canons des chars des tévés à clips. Attention : passage de techno-panzer. Ça va saigner !

En matière de musiques à danser, on ne peut guère dire que les Black Eyed Peas soient les plus audacieux, mais on contestera difficilement leur efficacité (plus de 7 millions de copies écoulées… ce qui est KOLOSSAL dans les années 2000).

Le principe de ce genre de musique n’étant pas de s’adresser à l’entendement et à la raison, on ne s’attardera pas aux paroles, qui trouveraient leur place dans un « Les paroles de dance music pour les nuls ». Evidemment il est vaguement question de danse, de fête, de cul un peu. On a droit à une belle rasade de rimes plates comme la poitrine de Jane Birkin : “Give you beso / Wanna hold you tight never let go / Cause your loves like magic, presto / Girl lets tangle up like abrazo / Kama sutra loving baby let’s go / Girl I put you in a trance like tiesto / But I ain’t talkin bout techno / Girl you stole my heart like a clefto / Butterfly’s in my tummy need pepto / Besmo baby give me more s*x though / It’s your pleasure like I’m a gecko / Girl will I stop loving you? Heck no! / Honestly I think you got me in a hex yo / When I’m with you it’s all perfecto” (“Xoxoxo”).

Pour en revenir à la musique, puisque l’essentiel est là, la chose est entendue : il y a là des réserves de shake-your-booty-music proportionnellement égales à celles de pétrole dans le sous-sol saoudien. Carton assuré sur les pistes de danse du monde. Tant pis si des morceaux comme « Love Me Long Time » ou l’abominable single « The Time (Dirty Bit) » (citant « The Time of My Life » de la BO de Dirty Dancing) ont un son qui leur promet une postérité de ringardise. Cette musique, guère faite pour s’écouter au casque, sauf à avoir un crâne constitué comme celui de Jean-Marc Morandini dans lequel les sonorités synthétiques vont rebondissant en échos, a toutes les chances de débouler sur toutes les jouelistes de soirée de vos ami(e)s.

Tournez votre bon goût sur « off » : les Black Eyed Peas et leur soupe de Benny Benassi, de davidguettaïne, d’auto-tune et de musique Nintendo (plus quelques samples par-ci, par-là, cf. Chic sur « Fashion Beats » où Fergie miaule en français) est, certes, d’une réelle indigence d’idées, de mélodies et de propos, noyés sous les artifices de technologie (filtres, vocoder), mais vous n’y réchapperez pas. Et ce sera toujours mieux que « L’Assassymphonie ». Après quelques vodkas, pour commencer, vous n’en souffrirez pas et remuerez sur la piste. Dans un mois, ça vous plaira. Dans deux, vous aimerez. Bang bang ! Black Eyed Peas va vous flinguer !

 

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Mikaël Faujour

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