Musique

CD : Emilie Simon, The Big Machine

17 octobre 2009 | PAR Mikaël Faujour

Sorti mi-septembre, le quatrième album studio de la belle Montpelliéraine aux faux airs ingénus, s’avère à la réécoute être l’un des meilleurs albums pop de l’année 2009. On n’en est guère surpris, tant l’artiste réalise une carrière sans faux-pas, depuis ses débuts en 2003 avec l’album éponyme qui lui valut une Victoire de la musique en 2004. Artiste complète, à l’univers visuel recherché, à la musique exigeante et minutieuse, Émilie Simon est une des rares en France à donner du lustre  et de la hauteur à la pop – ce qui la rend très précieuse.

Un peu plus de 3 ans après le déjà excellent Végétal, livre donc The Big Machine, disque aux arrangements fouillés, teinté d’influences 80s mais résolument moderne et dépourvu d’inclinations rétro. Installée à New York depuis quelques années, elle y privilégie la langue des Beatles – sauf quelques courts passages en français – avec un accent frenchy qui n’a rien de déplaisant… pour une fois !

Marqué par la collaboration du romancier britannique Graham Joyce sur 5 titres, l’album trouve sa cohérence dans l’ambiance de conte qui ressort de l’ensemble des vignettes. Ce qu’illustre d’ailleurs le très beau – et cauchemardesque – clip du premier single « Dreamland », l’un des sommets de l’album, nouvelle réussite dans la clipographie de la belle.

C’est à l’inventivité, au renouvellement musical, à la minutie de la production et des arrangements et à l’art de surprendre avec bonheur, que l’on reconnaît Émilie Simon. Ce qui surprend le plus, en l’occurrence, c’est cette exubérance du chant qui tranche avec la coloration intimiste et mélancoliquement sensuelle à quoi elle nous avait habitués – malgré quelques éclats de voix sur Végétal (« Fleur de saison », notamment).

La Montpelliéraine revendique ici une influence majeure, Kate Bush, dont elle reprend les modulations vocales caractéristiques (frappant sur « Rainbow » ou surtout « Nothing to Do With You »). Qu’ importe si les mauvais plaisants considèrent qu’elle singe l’interprète de « Babooshka » et « Running Up That Hill ». Car The Big Machine reste un album typique d’Émilie Simon, franchement captivant par instants.

Dans une ambiance de féerie trouble, s’enfilent les perles : l’ouverture exubérante « Rainbow », l’excellent single « Dreamland », l’onirique errance dans « Chinatown », le dynamique et flottant « The Cycle », les plus étonnants « The Devil at My Door » et « Rocket to the Moon », ponctués de cuivres, ou encore le final minimaliste « This Is Your World », rehaussé d’un chœur d’enfants.

Après avoir donné quelques concerts aux Etats-Unis, Émilie Simon – dont vient de paraître le deuxième single, « Rainbow », assorti d’un clip délicieux révélé fin novembre (voir ci-dessous) – est en tournée en France et alentour depuis fin novembre. Elle se produira le 16 et le 17 janvier au Casino de Paris. Dépêchez-vous, car la première date est déjà complète.


The Big Machine
, Barclay, 2009
Casino de Paris, 16 et 17 janvier 2010, 20h

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Mikaël Faujour

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