Musique
Cate Hortl et Working Men’s Club ont fait trembler le Petit Bain

Cate Hortl et Working Men’s Club ont fait trembler le Petit Bain

19 septembre 2022 | PAR Adam Defalvard

Samedi, la française Cate Hortl et les britanniques du Working Men’s Club ont fait danser le public du Petit Bain avec un son sombre et électrisant. 

Première partie face à la machine

Cate Hortl a assuré une première partie grandiose, seule face à ses synthétiseurs. On danse dans un autre monde avec des musiques mystiques, sublimées souvent par la voix de la chanteuse. Une voix parfois modifiée et inquiétante, comme sur le morceau « Loony, » issu de son deuxième EP Hex sorti en juin. Une musique électronique sombre qui donne envie de l’entendre jusqu’au bout de la nuit et de ressortir dans une ville dévastée. L’incroyable morceau dansant « Hurt You » a entraîné le public pour ne plus le lâcher. Une artiste à suivre absolument.

 

Peur sur le bateau

Dans la cale du bateau du Petit Bain, le Working Men’s Club a débarqué. Ils sont quatre sur scène, deux filles et deux garçons dont l’un des deux n’a que 20 ans. Le jeune chanteur Sydney Minsky-Sargeant impose une présence scénique forte,  en contraste avec ses coéquipiers sobres et sérieux. Les coéquipiers ne sont d’ailleurs là que pour les concerts, Minsky-Sargeant compose ses albums en solo. Il joue avec son regard et son corps pour installer une ambiance sombre qui, si l’on oubliait où l’on se trouvait, nous ferait penser qu’on est dans un club underground de l’Angleterre industrielle. Là encore beaucoup de synthétiseurs sur scène, mais aussi des guitares grinçantes. En les entendant jouer on pense à New Order, avec une bonne dose de rage en plus. 

Leur dernier album Fear Fear, sorti en juillet 2022, détonnait avec le premier en cela qu’il était plus sinistre, dans le bon sens. Le grand tube qu’est « Widow » a déclenché des applaudissements dès les premières notes. Pas de guitares sur le mix mais seulement des synthétiseurs et la voix perçante de Minsky-Sargeant qui projette ses paroles cruelles : « Lust was easy/Until you died/Now I fuck inside my head but not outside ». 

Bousculade et puis s’en va

Sydney Minsky-Sargeant joue un rôle étonnant sur scène, avec des mimiques presque à la Orange mécanique. Il descend une fois dans le public pour bousculer (gentiment) les danseurs, tout en continuant à chanter. Incroyablement puissant lorsqu’il entonne « Money is Mine », le chanteur a une réelle maîtrise du regard au public pour mieux appuyer ses paroles et sa musique. Aucune coupure pour dire un mot, ni même un au revoir (le guitariste a lui levé timidement la main pour saluer, merci à lui). Sydney Minsky-Sargeant ne fait pas de rappel et laisse le public épuisé après avoir chanté « The Last One », grand moment psychédélique et dévastateur. 

Tout comme l’album lui-même, le groupe en live laisse entrevoir un paysage  post-apocalyptique en ruine. Après ce moment on aimerait ressortir ailleurs que sur les quais de Seine, quelque-part en Angleterre…

Visuels : Photos du concert, ©Adam Defalvard.

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