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Jerusalem In My Heart, la transe et le sens au Petit Bain [Livereport]

Jerusalem In My Heart, la transe et le sens au Petit Bain [Livereport]

15 novembre 2018 | PAR Vincent Fournout

Jerusalem In My Heart c’était le titre d’un album de la diva arabe Fairuz sorti peu de temps après la guerre des Six Jours (en 1967). Jerusalem In My Heart c’est aussi le nom du collectif électro expérimental créé par le musicien libanais Radwan Ghazi Moumneh et le plasticien vidéaste canadien Charles-André Coderre.

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En pleine tragédie israélienne, où les roquettes répondent aux incursions territoriales et vice versa sans grand espoir à l’horizon, le concert du 14 novembre est aussi l’occasion de découvrir plusieurs artistes de la diaspora moyen orientale comme autant de graines d’espoir. Florian Abou Yehia en première partie amorça un voyage lyrique quasi floydien soutenu par un vidéo set qui démarre dans la péninsule arabe pour aller visiter Bételgeuse et au delà. Puis Good Luck in death ouvrit une brèche plus sombre et introspective où la guitare expérimentale du libanais Charbel Haber rencontre le mur de son démiurgique de Paul Régimbeau.

Puis on fit asseoir la fosse sur des nattes au sol. On ne dansera pas ce soir ou alors dans nos coeurs. Radwan arrive et se pose au fond de la scène, uniquement éclairée par la projection vidéo. Le déluge sonore va durer une quarantaine de minutes. Rythmique lente ou ultra rapide, voix délicate ou torturée électroniquement, buzuki traditionnelle ou aux distorsions paroxystiques. Le dispositif fait le grand écart entre les images du passé et les sons d’aujourd’hui, la tradition et l’avant-garde, le sens et la transe. On pourrait n’y ressentir que l’inconsolable nostalgie d’un monde arabe disparu qui revient en boucles lancinantes, notamment via la vidéo montage de photos et films anciens. Mais JIMH est d’abord une vibrante illustration de la beauté de la langue arabe dont la puissance poétique est ici magnifiée par le traitement contemporain électronique. Jerusalem In My Heart est un miracle porteur d’espérance.

Crédit Visuel : Hashem El Madani & Akram Zaatari

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Vincent Fournout
Digital native depuis 1970, passionné de danse contemporaine et de danses tout court.

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