Musique
La force créatrice de Destroyer en concert au Petit Bain

La force créatrice de Destroyer en concert au Petit Bain

10 octobre 2022 | PAR Adam Defalvard

Vendredi soir, le groupe canadien Destroyer est venu enflammer la scène avec son immense répertoire musical. Le chanteur Dan Bejar s’entoure de six musiciens sur la scène du Petit Bain pour un accompagnement musical d’une puissance rare. 

Une première partie folk toute en douceur 

Il faut toujours se pencher sur les premières parties. Celle de Destroyer était assurée par la chanteuse irlandaise Aoife Nessa Frances. Accompagnée par la harpiste Méabh McKenna, sa pop-folk douce a bercé la salle du Petit Bain. La beauté de la harpe et de la guitare hollowbody électrique de la chanteuse crée une ambiance floue, comme dans un rêve, parfaite pour écouter les singles de son prochain album Protector. « Emptiness Follows » et « This Still Life » sont deux singles qui donnent particulièrement envie d’écouter ce deuxième projet qui sortira le 28  octobre. 

Dans le labyrinthe de Destroyer

Le groupe canadien Destroyer est ensuite venu sur scène avec six musiciens qui se sont installés autour du chanteur et parolier Dan Bejar. Trois guitares électriques, une batterie, un synthétiseur et une trompette, une quantité d’instruments qui promet un concert enflammé. 

Destroyer a sorti 13 albums dans des styles assez différents et avec des influences variées, du rock alternatif à la musique ambiante en passant par le jazz. La voix unique de Dan Bejar a aussi énormément pris en maturité au fil des années, en continuant de chanter des paroles sombres et mystérieuses. Leur très réussi dernier album Labyrinthitis, nom qui désigne une infection d’une partie de l’oreille appelée labyrinthe, était du côté plutôt ambiant en proposant quand même des morceaux avec des ruptures musicales puissantes et extrêmement catchy. Le groupe a ouvert avec la première chanson de cet album, la très lancinante « It’s In Your Heart Now ».

Energie créatrice et énergie destructrice

Ce sont dans les moments les plus rocks que le concert atteint une dimension époustouflante grâce à des musiciens d’une énergie folle. Les trois guitares électriques et la batterie proposent des passages si puissants que l’on en oublie presque la très belle voix du chanteur. La rupture de la chanson « Tinteretto, It’s For You » frappe fort et emporte tout le public avec elle, de même pour le morceau « It Takes a Thief » avec sa partie instrumentale beaucoup plus rock que sur la version studio, pour le meilleur. 

Dan Bejar est détendu, avec son petit verre à pied à la main il possède un charisme indéniable mais laisse toute la place nécessaire aux musiciens qui l’accompagnent. Sur scène, Destroyer brille comme un projet réellement collectif, un vrai groupe. On retrouve beaucoup de chansons des anciens albums, dont plusieurs titres de Have We Met comme l’incroyable balade inquiétante « It Just Doesn’t Happen ». Un morceau où Dan Bejar continue de réaffirmer son immense talent de parolier : « I find the silence unbearable/What does that say about the silence ? » (Je trouve le silence insupportable/ Qu’est-ce que ça dit à propos du silence ?). 

« Tinseltown Swimming in Blood » est également un chef d’oeuvre en live, une chanson où l’influence du groupe New Order est frappante. Le long solo de trompette de « Suicide Demo For Kara Walker » est unique et offre une pause agréable et bien méritée aux autres musiciens, au public aussi par la même occasion.

Un rappel généreux de trois chansons, dont la dernière issue de leur album de 2001 Streethawk : A Seduction montre toute l’évolution d’un artiste de talent. Cette version live de la chanson « Streethawk I », plus rock que l’originale et avec toute la maturité de la voix de Bejar, rend incroyablement bien et conclut : « As we lay down our weapons and sure enough/We are slain by that stuff » (Alors que nous baissons les armes, bien sûr, nous sommes massacrés par ces trucs.) Dan Bejar s’incline, les musiciens saluent, et on ressort émerveillés. 

Visuels : Photos du concert ©Adam Defalvard.

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