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42e Festival d’Ambronay « Nouvelles Suites », premier week-end #1

42e Festival d’Ambronay « Nouvelles Suites », premier week-end #1

15 septembre 2021 | PAR Victoria Okada

La 42e édition du Festival d’Ambronay s’est ouverte, le vendredi 10 septembre, sous le thème de « Nouvelles Suites ». Une programmation riche pour cette manifestation qui est également une institution, qui cache une autre : Eeemerging (mini-festival des jeunes ensembles au sein du Festival d’Ambronay).

« Nouvelles suites, c’est à la fois un clin d’œil pour une forme musicale baroque, mais aussi une référence à une continuité par rapport à ce qu’a été déjà réalisé jusqu’à maintenant », affirme Isabelle Battioni, nouvelle directrice du Centre culturel de rencontre d’Ambronay qui organise le Festival. Le premier week-end, du 10 au 12 septembre, s’annonçait ce que l’on peut entendre durant quatre semaines de manifestations : la grande qualité musicale, la diversité et les nouveaux interprètes.

Il y a toujours la première fois !

Au cours de ce week-end, nous avons écouté trois ensembles qui se sont produits pour la première fois dans l’abbatiale bénédictine fondée au temps de Charlemagne. L’un, dont la première fois surprend tant leurs musiciens sont présents sur la scène internationale, c’est Le Consort, co-fondé par Justin Taylor et Théotime Langlois de Swarte. Ils offrent un nouveau programme « Rivalità », qui confronte Antonio Vivaldi et Giovanni Battista Reali. Exact contemporain de Vivaldi (1678-1741), Reali (1681-1751), dont on ne connaît que très peu de choses, était actif à Venise comme son congénère et rival. Les parties de violons, extrêmement virtuoses, laissent entrevoir le foisonnement musical à la Cité des Doges au début du 18e siècle. Deux Follia montrent l’inventivité des deux compositeurs, chacun à leur manière. La légèreté de l’esprit dans l’interprétation et une bonne entente entre les musiciens communiquent indéniablement leur joie de jouer de la musique ensemble. Et c’est surtout cela qui rend ce concert d’ouverture unique et réjouissant, absolument extra-ordinaire dans le sens propre du mot !


Le samedi à 14 heures, l’Ensemble Masques et son chef et claveciniste Olivier Fortin viennent eux aussi pour la première fois à Ambronay. Ils marquant d’emblée leur présence en ce lieu, grâce à un programme lui aussi original : Suites d’orchestre de Bach en version de musique de chambre, à un instrument par partie. Dans leur interprétation, la première Suite BWV 1066 prend une couleur délibérément française, à commencer par l’Ouverture aux notes élégamment pointées. Certaines pièces du n° 3 (sans trompettes ni timbales) et du n° 2 dans la tonalité de la mineur au lieu de si mineur (où le hautbois remplace le traverso), offrent de belles occasions aux solistes de briller. Ainsi, la violoniste Sophie Gent et le hauboïste Rodrigo Lopez Paz — qui a en plus remplacé un autre musicien seulement quelques jours avant ce concert — nous ont fait cadeau d’une prestation éblouissante.


Le troisième ensemble qui se produit pour la première fois est Gli Angeli Genève sous la direction de Stephan MacLead. Leur programme met en parallèle trois Stabat Mater, de Palestrina, de Pärt et de Pergolèse, complétés par Le son qui se lie de Xavier Dayer, une commande du CCR d’Ambronay. En quatre œuvres, on a parcouru quatre siècles de l’histoire de la musique en condensé. Entre la magnificence d’a cappella de Palestrina, le dépouillement d’Arvo Pärt et l’exubérance théâtrale de Pergolèse, l’œuvre de Xiavier Dayer joue avec les consonnes des mots qui constituent une prose fragmentaire.

Le festival se poursuit jusqu’au dimanche 3 octobre. Informations et réservations sur le site du festival d’Ambronay. Les interviews audio d’Isabelle Battioni et d’Olivier Fortin sont à venir sur notre site partenaire vivace-cantabile.com

photos © Bertrand Pichène

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