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Petite et grande histoire du graffiti

Petite et grande histoire du graffiti

20 décembre 2011 | PAR Elodie Rustant

Une idée de cadeau de Noël en urgence ? Foncez chez votre libraire acheter le passionnant ouvrage de Bernard Fontaine, Graffiti – Une histoire en images aux éditions Eyrolles.

Si l’ouvrage paraît un tantinet austère avec sa couverture gris métal, on y découvre une étude très exhaustive de l’évolution de l’art du graffiti agrémentée de photographies méconnues.
Diplômé des Beaux-Arts et professeur d’arts plastiques, B. Fontaine brosse un portrait percutant du graffiti, à la fois scientifique, artistique et politique.

Et tout d’abord, marquons bien la différence entre le tag (la signature seule d’un artiste) et le graff (dont le lettrage est rempli et contourné).
La chronologie du graffiti s’étend des premières peintures préhistoriques autour de -28 000 av. J.-C. jusqu’à ses formes les plus contemporaines avec des artistes comme Thomas Canto, Space Invader ou Zevs, pour ne citer qu’eux.

L’évolution de l’art du graffiti est étroitement liée à celle de l’histoire comme nous le montre notamment le phénomène des hobos, vagabonds de l’Amérique de la seconde partie du XIXe siècle. Ces travailleurs migrants d’une Amérique désargentée parcourent le continent et laissent comme trace de leurs passages d’étranges pictogrammes gravés ou tracés à la craie sur les murs. Il s’agit pour eux d’un véritable code donnant des indications sur la présence proche de police, l’hospitalité des habitants d’une ville, etc.

Tantôt outil de propagande comme en Russie où les trains se couvrent de fresques à la gloire du régime communiste, arme de contestation lors des événements de Mai 68 ou de la chute du Mur de Berlin, ou moyen d’expression pour les premiers writers new-yorkais, le graffiti est en perpétuelle évolution.

Saviez-vous également que bien avant Space Invader et la prolifération de ses petites créatures en mosaïques, un étrange personnage nommé Kilroy avait envahi l’Amérique des années 40 ? Affublé d’un long nez et de l’énigmatique « Kilroy was here » le dessin, vraisemblablement exécuté par des GI’s, se retrouvait aux quatre coins du pays.

Considéré comme acte de vandalisme, le graffiti a parcouru un long chemin pour trouver son intronisation dans les toutes premières galeries d’art du Bronx, Fashion Moda et Graphiti Productions. C’est lors de l’une de ces expositions sauvages dans une école du Queens que l’on retrouvera les œuvres d’un certain Jean-Michel Basquiat encore inconnu…
En France, il faudra attendre 1991 pour voir l’exposition « Graffiti Art » au Palais de Chaillot.

Le graffiti compte aujourd’hui ses artistes phares. Le groupe VLP qui se distingue dans la performance live et n’hésite pas à découper des tronçons de murs graffés pour les distribuer à leur public dans des sacs de congélation ! Miss Tic dont le travail d’écriture est étroitement lié à celui de plasticienne. Banksy dont les pochoirs dénoncent souvent des faits politiques et de société comme son travail le long du mur de Gaza. Zevs qui intervient directement sur le mobilier urbain en détournant avec génie les publicités, véhicules ou panneaux de signalisation.

Un ouvrage captivant pour une forme d’expression artistique ancestrale et aux ressources semble-t-il inépuisables.

Bernard Fontaine, Graffiti – Une histoire en images, Eyrolles, 128 p., 2011, 36 euros.

Photos :

Fresque réalisée par le groupe P19

Pochoir réalisé par Miss Tic

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Elodie Rustant

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