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Nosfell comme Pleyel

01 juillet 2009 | PAR Erwan

12993La Salle Pleyel semblait acquise à Nosfell lorsqu’il foula la scène  lundi soir. Une salve d’applaudissements avait accompagné l’entrée de chacun des musiciens montant crescendo jusqu’à l’arrivée de Pierre Lebourgeois. Labyala parut. La salle s’enflamma. Le plus dur restait à faire pour le conteur présentant ce soir son conte Segad-Sevaminz « le lac aux velies ».

Une petite voix commence sur un rythme fragile, c’est le conteur Labyala Nosfell hoquetant. L’histoire qu’il va nous raconter est l’une des nombreuses de Klokochazia : celle de Günel qui étrangle son amour en voulant l’étreindre. L’être Günel est né du croisement des souffles d’un Dieu fou et d’un sage mourant. Vous l’aurez compris nous sommes dans les contes et légendes, mais une légende que l’on ne peut comprendre qu’avec les mots de Labyala Fela Da Jewid Fel (Nosfell, « celui qui marche et qui guérit ») tenue de tradition orale, et offerte à nous public français.

Dans son chant, en langue klokobetz, Nosfell incarne pour mieux nous faire comprendre les différents personnages qui font vivre son histoire. Voix aigüe, voix grave, souffle à frissons, il nous transporte dans un dialogue d’émotions données et rendues. L’étrange côtoie la noirceur des émotions passées. Des sons incarnent des esprits pour décrire des dialogues qu’une gestuelle singulière met en place. Que nous dit l’histoire fondamentalement ? Plus que ce que le narrateur nous raconte, moins que ce que nous voudrions comprendre. La langue est poétique et le rêve nous transporte. Les cauchemars nous laissent en alerte. Il est question de danger de peur, de passion charnelle, de colère, et d’oubli.

Créé à partir de ses albums précédents, le conte « le lac des velies » présente un univers protéiforme, complet, plein de résonances. Nosfell n’est plus l’artiste rock qui par sa voix et ses rythmes, surprend. Il s’oublie, le temps d’une histoire, afin de laisser l’atmosphère de la salle Pleyel envelopper sa composition 2072683737_fd8421b180chimérique d’une aura poétique. Il est l’humble devant les instruments, et si les salves d’applaudissements rejaillissent avant la fin du spectacle pour l’encenser, dans une improvisation douce et proche du publique, il invite à suivre la fin de l’histoire, « parce qu’elle ne se finit pas si mal que ça » précise-t-il. Derrière le conte, il rend hommage avant tout à Pierre Le Bourgeois, son collaborateur, à la Cité de la Musique, et de fait à la Salle Pleyel qui ont permis la création d’un tel spectacle, l’orchestre national d’Ile de France, et tous les collaborateurs qui ont participé au projet. A le voir et l’entendre, on pense à l’enfant et les sortilèges de Ravel pour l’univers qui se forme, ou au Seigneur des Anneaux pour la mythologie, Nerval aussi : tout n’est ici que poésie. La soirée lyrique se termine en triomphe. Pas étonnant.

Désireux d’explorer un peu plus cet univers onirique, nous nous sommes procurer le livre objet du conte « le lac aux velies ». C’est un petit bijou. Nous vous partagerons très prochainement nos nouvelles émotions.

Erwan Gabory

Sortie de son disque « Nosfell » le 18 juin déjà annoncé dans la boîte

« Le Lac aux Vélies », conte musical de Nosfell mis en images par Ludovic Debeurme

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