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La Garenne Lemot, une utopie entre art et nature

La Garenne Lemot, une utopie entre art et nature

24 juin 2021 | PAR Laetitia Larralde

Pour une escapade bucolique dans la région nantaise, direction Clisson et le Domaine de la Garenne Lemot où histoire, nature et culture vous attendent. Dépaysement garanti.

A trente minutes de train de Nantes se trouve Clisson, petite ville aux allures italiennes sur les rives de la Sèvre Nantaise, dominée par les ruines de son château fort du XIIème siècle. Sur l’autre rive, face au château, se trouve le Domaine de la Garenne Lemot. Séduit par le paysage, le sculpteur Prix de Rome François-Frédéric Lemot achète le bois de la Garenne en 1805 et le transforme pour en faire un lieu d’inspiration pour artistes. Il fait construire une maison de style toscan et une villa néoclassique et aménage le parc avec des fabriques ornementales et des sculptures antiques, créant ainsi son paysage idéal. Grottes, citations gravées sur les rochers, rivière ombragée, tombeau ou temple antique, tout est pensé pour permettre une déambulation propice à l’inspiration artistique. François-Frédéric Lemot alla jusqu’à acheter les ruines du Château de Clisson pour l’intégrer dans la perspective de sa composition paysagère.

Aujourd’hui, le Domaine, propriété du Département de Loire-Atlantique, est en accès libre à tous, villa comprise. Le parc continue à être entretenu tel que l’a pensé son ancien propriétaire, dans une démarche de préservation de la biodiversité végétale et animale, sans utilisation de produits phytosanitaires. Des sculptures viennent s’ajouter, copies antiques ou créations contemporaines, tel que le Bois de la Gorgone d’Eva Jospin à partir du 23 juillet, en collaboration avec le Voyage à Nantes. On y retrouve également des fabriques contemporaines de Jean Clareboudt, Dan Graham et Pascal Convert.

Un temps écrin pour le Frac, la villa accueille maintenant des expositions. L’exposition actuelle, Comme de longs échos, prend son titre d’un sonnet de Baudelaire dont on fête le bicentenaire de sa naissance, « comme de longs échos qui de loin se confondent ». Dans un dialogue entre passé et présent, le parcours propose d’aborder des questions qui traversent le temps telles que le mariage, le bijou, le portrait ou encore la guerre et la paix. Les collections du musée Dobrée de Nantes, actuellement fermé pour travaux, entrent en résonnance avec douze artistes sélectionnés par les deux commissaires, avec le soutien du MAC VAL (musée d’art contemporain du Val de Marne) et du Frac des Pays de la Loire.

Chaque pièce aborde une thématique pour laquelle l’artiste contemporain met en regard une ou plusieurs de ses œuvres avec les objets du musée Dobrée, pouvant être issus de fouilles archéologiques, d’archives photographiques, des carnets de croquis de Thomas Dobrée fils ou des bijoux de la famille Dobrée. Dès l’entrée, La Mariée de Tsuneko Taniuchi dialogue avec le Domaine de la Garenne Lemot lui-même, où de nombreuses photos de mariage sont prises. Plus loin, Michel Blazy a réactivé son Mur de pellicules, où il enduit les murs de la pièce d’un mélange d’agar-agar et de colorant bleu qui va se déliter au fur et à mesure que le temps passe, tout comme les statues antiques du parc présentes au centre subissent l’assaut du temps.

A l’étage, on retrouve la vidéo Bielutine, dans le jardin du temps de Clément Cogitore, où il interroge deux collectionneurs russes dans une visite de leur appartement à la lumière des bougies. Entourée de portraits des collectionneurs ayant participé au musée Dobrée par leurs donations, ainsi que de petites lampes à huile antiques et des chandeliers orientaux, l’ambiance de la vidéo se prolonge dans la salle en clair-obscur. Notons également la salle Guerre et paix investie par Léa Le Bricomte. Accompagné de chants de moines tibétains d’une célébration spéciale autour des morts, le Mandala de l’artiste composé de douilles de balles se dresse au centre de l’espace. Léa Le Bricomte a choisi d’entourer son œuvre de statues de bodhisattva et d’armes anciennes, véritables œuvres d’art guerrières.

Pour terminer la visite, Emo de Medeiros a voulu créer son musée du futur dans une installation où contemporain et ancien s’entremêlent. L’artiste a plongé dans les réserves du musée Dobrée et sélectionné des objets variés comme une massue du Vanuatu, des yeux de sarcophages égyptiens, un objet d’Alaska, un morceau d’armure ou des figurines gallo-romaines. Il juxtapose et numérise les objets et ses créations, crée des hybridations et invente de nouvelles histoires, des nouvelles façons de voir les œuvres. De plus, chaque visiteur pourra repartir avec une œuvre de Rachel Morellet, une série de quatre photographies prises en Italie faisant écho au parc de la Garenne Lemot avec le journal de l’exposition.

Cet été, échappez-vous à Clisson, où le Domaine de la Garenne Lemot ne manquera pas de vous inspirer.

Comme de longs échos
Jusqu’au 03 octobre 2021 – visite sur réservation
Domaine de la Garenne Lemot – Gétigné-Clisson

Visuels : 1- © D. Pillet – Grand Patrimoine de Loire-Atlantique / 2-vues de l’exposition Comme de longs échos – Domaine de la Garenne Lemot © H. Neveu-Dérotrie – La Garenne Lemot – GPLA / 3-4-5- vues de l’exposition Comme de longs échos – Domaine de la Garenne Lemot © L. Preud’homme / La Garenne Lemot – GPLA

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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