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Vous êtes nés à la bonne époque : Matthieu Jung plonge dans les affres de la quarantaine au féminin

11 août 2011 | PAR Yaël Hirsch

Après le remarqué « Principe de Précaution » (Stock, 2009), Matthieu Jung poursuit sa subtile enquête littéraire sur les peurs et les heurts envahissants de ses contemporains. Dans « Vous êtes nés à la bonne époque », il se plonge dans la peau d’une quadragénaire qui a une file, connaît le succès professionnel mais désire éperdument un deuxième enfant. Sortie le 17 août chez Stock.

A 42 ans, Nathalie Dumont a tout pour elle, un bel appartement dans le quartier de la Bastille, une fille de 22 ans brillante, beaucoup de succès dans sa carrière médicale et des amis branchés, souvent plus jeunes qui ne la laissent pas perdre une miette des vernissages et films d’avant-garde à Paris. Et pourtant, cette vraie femme qui sait se faire respecter perd en même temps sa fille, partie vivre aux États-Unis pour poursuivre ses études et l’homme avec qui elle vivait depuis 5 ans et dont elle voulait vraiment un enfant. Le désir d’enfant demeure, comme un pincement avec la conscience terrifiante de l’horloge qui tourne. Ni les amies de 25 ans débordées, ni les bonnes copines de son âge réalistes mais déprimantes, ne parviennent à sortir Nathalie de sa solitude. Un soir, à un vernissage, elle rencontre un jeune artiste de 20 ans, Arno. Une amitié s’engage qui se transforme en passion. Nathalie est consciente qu’elle « perd son temps » avec ce jeune-homme séduisant pas tout à fait prêt à être père. Et pourtant c’est avec cet amant fin et ultivé qu’elle passe les plus belles heures de sa vie de femme.

Chapeau bas pour la manière assez adroite dont Matthieu Jung s’est glissé dans la peau d’une femme. Psychologie juste, style très contemporain et même accrocheur malgré certaines lourdeurs, « Vous êtes nés à la bonne époque » porte bien son nom. Plus ironique que déprimant,  le roman est en effet une autopsie fidèle de malaises prépondérants du Paris d’aujourd’hui. Peut-être le dernier rebondissement n’était-il pas vraiment nécessaire? A vous d’en juger, dès le 17 août.

Matthieu Jung, « Vous êtes nés à la bonne époque », Stock, 224 p., 17.50 euros.

 » A l’inverse de ce qu’on s’imagine lorsqu’on erre éperdue dans le mépris de soi, le célibat se révèle souvent plus précaire que le mariage- au grand dam de pas mal d’épouses. On se réveille libre un matin et, le lendemain, on ne l’est plus. La seule grâce d’une rencontre pulvérise la muraille bétonnée où l’on se bosselait obstinément le front depuis plusieurs éternités. l’horizon réapparaît par miracle, l’avenir aux alléchantes promesses de nouveau tend le bras. » p. 215.

 

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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