Fictions
« Une famille comme il faut » de Rosa Ventrella : peut-on échapper à son destin ?

« Une famille comme il faut » de Rosa Ventrella : peut-on échapper à son destin ?

20 juin 2020 | PAR Marine Stisi

Alors que Les Escales publient La Liberté au pied des oliviers, tout nouveau roman de Rosa Ventrella, Pocket publie en poche Une famille comme il faut, roman de l’autrice italienne qui avait remporté un beau succès lors de sa parution l’an dernier. L’histoire plonge le lecteur au cœur du Bari des années 80, avant que les touristes ne s’emparent de la vieille ville, un quartier fait de ruelles malfamées où rien n’est jamais secret, où les malédictions se chassent d’un coup de balais. 

Dans le quartier du Bari Vecchia, la vieille ville de Bari, au sud de l’Italie, on l’appelle La malacarne. La mauvaise chair. Parce que brûle dans son cœur une flamme qu’elle même ne parvient pas à maitriser et qui sort quand elle doit sortir. Parce que les tempêtes ne lui font pas peur. A la maison, une mère taiseuse, un grand frère qui fuit la maison dès qu’il le peut, et un père et un frère qui ne savent parler qu’avec la violence, sans doute parce qu’ils leur manquent les mots, et que la violence, ils n’ont jamais connu que cela. 

Maria, elle, la malacarne, n’est pourtant pas comme les autres. Si ses camarades de classe se moquent de son physique de petite fille, Maria a une tête sacrément bien faite, un regard sur le monde qui lui permet de comprendre ce qu’on veut d’elle, ce qu’on attend d’elle.

Dans le quartier où les commères ne quittent pas le bord de leurs fenêtres et à qui rien n’échappent, elle grandit sans perdre son œil aiguisé mais dans une solitude que sa différence accentue. A ses côtés pourtant, le fils du parrain de la ville, Michele Senzasagne, un garçon bien différent de son père mais dont le père de Maria se méfie comme de la peste : le fruit ne tombe jamais bien loin de la plante… En est-on certain ? Et si le destin se nettoyait lui aussi comme on lessive à grandes eaux savonneuses les ruelles du Bari Vecchia, une fois le soir tombé ?

Un roman charnel et saisissant, qui transporte avec fougue. 

Rosa Ventrella, Une famille comme il faut, Pocket, 336 pages, 7€60.

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Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

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