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« Un parfum de jitterbug » de Tom Robbins, du nez, des betteraves, et l’immortalité.

« Un parfum de jitterbug » de Tom Robbins, du nez, des betteraves, et l’immortalité.

07 mai 2015 | PAR Le Barbu

Tom Robbins est peut-être né en 1936 en Caroline du Nord, mais rien n’est moins sûr. Il a passé son enfance à parcourir librement les montagnes de la région au milieu des conteurs, des gitans et des charmeurs de serpents. Autant de personnages qui nourriront son imagination d’écrivain. Après avoir passé cinq ans dans l’armée en Corée, il est démobilisé et reprend ses études, travaillant dans les milieux de la peinture, de la musique et de l’art dramatique pour finalement devenir journaliste. Considéré comme l’un des pères de la culture pop, tous ses livres sont devenus des best-sellers et ont été traduits dans une quinzaine de langues. Tom Robbins est aussi cité comme référence par la jeune génération d’écrivains – de Rick Moody à Christopher Moore – et son œuvre fait régulièrement l’objet de thèses universitaires. Avec seulement dix livres parus en quarante ans, son œuvre compte plus de dix millions de lecteurs, et il existe aux États-Unis une véritable “Robbinsmania”, phénomène rarissime pour un écrivain. Chacune de ses apparitions publiques attire des centaines – parfois des milliers – de personnes. De multiples sites internet et fans-clubs lui sont consacrés, des groupes de rock ont choisi des titres ou extraits de ses livres pour nom ; les illustrations de ses romans servent de modèles pour des tatouages ; on peut se procurer des T-shirts, tasses, casquettes à son effigie ou qui reprennent des citations de ses œuvres… Véritable ”people” en Amérique, il a fait des apparitions en “guest-star” dans plusieurs films. Adulé par ses fans, estimé par la critique, Tom Robbins a véritablement acquis un statut d’icône.

 

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Une serveuse de tacos qui joue les apprenties chimistes, une parfumeuse déchue qui prépare son come-back et un excentrique “nez” des hautes sphères de l’industrie s’interrogent : qui donc leur envoie des betteraves sans le moindre message ? La clé du mystère se trouve peut-être au coeur de l’épopée d’Alobar, un roi du VIIIe siècle qui, fuyant la mort, se retrouvera en Bohême où il découvrira le secret de l’immortalité en compagnie d’une jeune Indienne fascinée par les essences.

 » Un vieux proverbe ukrainien nous met en garde : « Une histoire qui commence avec une betterave finit toujours avec le diable. Voilà un risque qu’il nous faut prendre. »

Un Parfum de Jitterbug est un roman d’aventure multi-temporel totalement débridé et mené sur un ton joyeux et délirant. Tom Robbins nous livre ici un conte philosophique où l’existence et les croyances se mêlent et nous révèlent les angoisses de l’auteur qui sont aussi les nôtres. L’alternance des chapitres procure  au romanun rythme bien particulier, qui défie notre rapport au temps, et peut donc nous mettre en déroute, et déstabiliser la lecture. L’écriture surfe entre le sérieux et l’absurde, sur fond d’immortalité, d’amour et de plaisir de vivre.
Un Parfum de Jitterbug est un bon roman, mais qui ne plaira pas à tout le monde car il faut être prêt à accueillir l’imaginaire débordant et décalé de Tom Robbins. Mais, testez le quand même, il pourra peut-être vous faire beaucoup de bien.

 » La réalité est une notion subjective, et cette culture se caractérise par une tendance stupide à considérer que quelque chose est important seulement si c’est sérieux et sévère.(…) Quand on est malheureux, on en vient à s’ préoccuper énormément de soi-même. Et on en vient à s’prendre tellement au sérieux ! Les gens véitablement heureux, c’est-à-dire les gens qui s’aiment véritablement, eux n’pensent pas beaucoup à eux-mêmes. Vous prenez une personne malheureuse, elle ne supporte pas que vous essayiez d’lui remonter le moral, parce que ça veut dire qu’elle doit arrêter de s’appesantir sur elle-même et reporter l’attention sur l’univers. Se sentir malheureux, c’est la forme ultime de l’autocomplaisance. »

Titre : Un parfum de Jitterbug, Auteur : Tom Robbins, Editeur : Gallmeister, Americana, Parution : 6 Octobre 2011, 456 pages Prix : 24,90€

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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