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Tatiana de Rosnay dessine un écrivain-poupée à l’encre russe

Tatiana de Rosnay dessine un écrivain-poupée à l’encre russe

13 mars 2013 | PAR Yaël Hirsch

L’auteure de « Elle s’appelait Sarah » (9 millions d’exemplaires vendus dans le monde!), « Boomerang » et « Rose » revient dans les librairies, éditée par sa maison française fétiche : Héloïse d’Ormesson. Et c’est comme d’habitude un grand bonheur de suivre la structure rigoureuse, la prose renseignée de la femme de lettre qui sait le  mieux faire palpiter ses intrigues  autour de fantômes venus du passé. Avec en bonus, beaucoup d’émotions quasi-personnelles attribuées à un jeune auteur qui a l’âge d’être son fils, mais dont le succès fait vibrer une corde très familière. Bref à offrir ou à s’offrir, pour tous ceux qui aiment lire, de 17 à 97 ans.

Orphelin de père à un âge tendre, fils unique d’une mère universitaire et brillante, le jeune Nicolas Duhamel a raté sa khâgne et végète en donnant des petits cours. Sentimentalement, sa vie est assez épanouie, puisqu’il sort avec une superbe femme de neuf ans son aînée. Un jour de 2006, lorsque Nicolas veut refaire ses papiers, il découvre avec stupeur que son père disparu en mer quand il était enfant, avait des origines russes qu’il ne lui connaissait pas. S’ouvre alors pour Nicolas un temps d’enquête familiale, qui le pousse à écrire un roman sous le vrai nom de son père: Kolt. Le roman commence cinq ans après ces faits, quand Nicolas Kolt, auteur du best-seller « L’enveloppe », tente d’aller reposer sa renommée internationale dans un Palace en Italie. Mais le succès a rendu le jeune-homme de 29 ans vaniteux, addict aux commentaires de ses fans sur les réseaux sociaux et très menteur, puisqu’il promet un deuxième roman qu’il est trop occupé à pavaner pour produire… Ce Nicolas glorieux est aussi très malheureux : la femme de sa vie l’a quitté et il est accompagné d’une jeune beauté jalouse de 22 ans qu’il trompe virtuellement, son meilleur ami ne lui parle plus et même sa mère -pourtant héroïne de son roman- semble refaire sa vie loin d’un fils qui vole trop haut pour lui accorder du temps…

Maîtrisant l’art de la poupée russe et du flash-back, Tatiana de Rosnay mâtine son intrigue réussie de beaucoup de tendresse pour son héros, jeune, beau sexy et … paumé. C’est cette tendresse, boostée d’empathie et de réalisme quant aux affres de la gloire pour un auteur de best-seller surpris par le succès, qui transmue le roman bien construit en bombe qu’on ne lâche pas avant d’avoir lu la dernière page. Généreuse, intelligente et très émouvante, mais toute en pudeur, cette « Encre Russe » apporte aux lecteurs plusieurs heures de grand bonheur. Merci!

Tatiana de Rosnay, « A l’encre russe », traduit de l’anglais par Raymond Clarinard, Eho, 352 p., 22 euros. Sortie le 21 mars 2013.

visuel :  « A l’encre russe » sur la tombe de  Victoir Noir au cimetière du Père Lachaise, tombe qui joue un rôle important dans le livre (indice : voir p. 148-149) provenance : la fanpage facebook de Tatiana de Rosnay qui n’exagère pas, chacun de ses posts sont bien « likés » au moins 50 fois.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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