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Rouge argile : Virginie Ollagnier raconte le retour aux origines marocaines

27 juillet 2011 | PAR Yaël Hirsch

Très remarquée pour « Toutes ces vies que l’on abandonne » (Liana Levi 2007, 11 prix littéraires), Virginie Ollagnier nous emmènes, avec son nouveau roman dans les Maroc des années 1970. « Rouge Argile » (Liana Levi) dépeint le retour au Maroc de Rosa, quadragénaire parisienne entrain de se séparer de son mari. Un roman sensuel et touchant sur la quête des origines Sortie le 1ier septembre 2011.

Apprenant le décès de son père adoptif, Egon Baum,  dans sa maison d’enfance de Meknès, Rosa prend immédiatement le premier avion pour le Maroc. Mère de deux enfants désormais adultes et épouse très « Jackie O » d’un haut-fonctionnaire assez froid, Rosa est toujours heureuse de quitter sa maison amidonnée de Saint-Germain-en-Laye pour enfin être elle-même dans le pays où elle a grandi. Mais ce voyage est bien particulier : le décès de son père adoptif, juif-allemand d’origine, lui rappelle la mort prématurée de son vrai père et les paradoxes de sa mère, également disparue. Malgré le chaleureux accueil de sa nounou de toujours, Sherifa, et du neveu de celle-ci, Mehdi, Rosa est bien consciente qu’elle est aussi revenue au pays pour payer une dette. Bien qu’élevée comme une princesse sur le sol marocain, et nourrie  des fruits de la terre marocaine, et bien que sa famille ait été protégée par Sherifa est les siens en 1956, Rosa sent bien que la terre de son père ne lui appartient pas vraiment : elle veut trouver un moyen de rembourser sa dette en l’offrant à Mehdi.  A son arrivée à Meknès, Rosa apprend qu’Egon Baum a déjà été enterré en présence du rabbin et de l’imam. Mais son fantôme lui apparaît et la met sur la piste de la vie secrète d’Egon et de sa mère. A la lumière de ces révélations, Rosa aura à décider pour elle-même  doit-elle quitter la perfection froide de son mariage parisien pour revenir à sa véritable identité?

Croisant les récits de Rosa et du fantôme d’Egon, Virgine Ollagnier distille les révélations avec simplicité et parcimonie. Dans un style direct et néanmoins sensuel, elle fait revivre tout un passé empli de djinns et de jnouns, de non-dits et d’affection solide. Un beau roman sur la quête identitaire.

Viginie Ollagnier, « Rouge argile », Liana Levi, 416 p., 17 euros. Sortie le 1ier septembre 2011.

« Pourtant Rosa avait rêvé de ce mariage. Un mariage parisien! Des gens élégants, des manières parfaites, les mots justes et toutes ces choses à apprendre qui l’excitaient encore à l’époque. Tant de petites choses qui disaient le savoir-vivre., l’éducation, qu’elle entreprit de faire siennes très vite. Un mariage de princesse. Un mariage comme un rêve. Un rêve mort de ne pas avoir été nourri. » p. 90

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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