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Publication de L’original de Laura de Nabokov, un autre testament trahi

23 avril 2010 | PAR Cecile David

Avant de mourir, Vladimir Nabokov (1899-1977) travaillait sur le manuscrit d’un ouvrage futur. Le romancier américain d’origine russe souhaitait que « L’Original de Laura » soit détruit au cas où il n’aurait  pas le temps de l’achever avant sa mort. Contre la volonté de son père, Dmitri Nabokov décide d’éditer le roman. L’œuvre posthume sort aujourd’hui en France.

32 ans  après la mort de Vladimir Nabokov, Dmitri édite le roman inachevé de son père parce qu’il « n’est pas un type bien » (préface). L’ouvrage est une ébauche à travers laquelle le lecteur parcourt les petites fiches cartonnées du grand auteur classique. On y croise des personnages à la Nabokov  tels que la jeune Flora ou le perturbé Hubert H. Hubert. « L’Original de Laura » met au jour les pensées et les tourments de son auteur qui se savait proche du moment fatidique.

La nouvelle fait des remous. Dans un entretien accordé à « L’Express », Alexsandar Hemon, fervant admirateur du style Nabokov, s’attriste devant cette parution qui est pour lui « le triomphe de la médiocrité ». L’écrivain bosniaque ne comprend pas ce non respect de la volonté du grand maître, pour qui seul le « résultat comptait ». « La méthode de Nabokov est bien plus complexe que ce qu’on trouve dans les débris de « Laura ». »

Selon les mots de Maurice Couturier (traducteur officiel), « l’auteur, dont les exigences esthétiques étaient très élevées, nous permet, malgré lui, de percevoir à distance, entre les lignes, entres les fiches, l’ultime souffle d’un romancier de génie. » Tout le problème réside dans ce « malgré lui ». Vladimir Nabokov se réjouirait-il de la décision de son fils ? Les spécialistes en doute mais que les fans soient rassurés, « L’Original de Laura » a été édité dans le plus grand respect de son auteur. Le manuscrit rend hommage à l’incontestable talent du père de « Lolita » (1955).

« L’Original de Laura » (C’est plutôt drôle de mourir) de Vladimir Nobokov, traduit de l’anglais (États-Unis) par Maurice Couturier, Éditions Gallimard, Coll. Monde entier, français, 163 pages-17,90 €

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Cecile David

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