Polars
« Molosses » de Craig Johnson, qui a perdu son pouce?

« Molosses » de Craig Johnson, qui a perdu son pouce?

29 mars 2014 | PAR Le Barbu

6a0120a864ed46970b01a5117db238970cCraig Johnson a exercé divers métiers n’ayant pas toujours de rapports les uns avec les autres. Et c’est surement ce qui confère une certaine folie à son style et à ses romans. Cow-boy, professeur d’université, pêcheur professionnel, charpentier ou officier de police, Craig Johnson est surtout l’auteur d’une série de polars mettant en scène Walt Longmire. La série-télé Longmire rencontre un vif succès aux États-Unis en 2012 et en France depuis novembre 2013.

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Alors que l’hiver s’installe dans le comté le moins peuplé de l’état  des USA, Walt Longmire, son shérif, se voit confier une curieuse mission: celle de mettre la main (c’est le cas de le dire, sans jeu de mots) sur le propriétaire d’un pouce abandonné dans une décharge. L’enquête devient rapidement haute en couleur, car Walt se retrouve face à deux molosses qui gardent le terrain. Il doit aussi faire face au propriétaire un brin loufoque de la décharge et à un promoteur immobilier multimillionnaire qui cherche à prendre possession des lieux pour étendre son vaste empire de ranchs luxueux. Sans parler d’un couple puant la marijuana, de la vieille institutrice au charme incontesté, du perroquet dépressif et déplumé, et de quelques cadavres qui bientôt viennent compliquer l’affaire.

Molosses est un polar classique mais complètement barjot. La scène d’ouverture est une hallucination. Un couple de paumés, Duane et Gina, est au cœur d’un fait divers absurde. Gina vient de tirer par inadvertance, sur plusieurs kilomètres, le grand père de Duane attaché à une corde derrière sa voiture… Puis, le pouce rentre en scène, retrouvé dans une glacière déposée dans une casse auto. Démarre alors une enquête sur un faux rythme qui peut rendre parfois la lecture du roman difficile, mais qui se justifie par les températures hivernales qui ne remontent jamais au dessus de zéro. Le lecteur engourdi, paralysé par le froid découvre alors une Amérique violente et fragile qui nous fait parfois penser à Fargo des frères Coen.

« Molosses » de Craig Johnson, Gallmeister, mars 2014.

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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