Musique
Playlist (avant-gardiste) de la semaine (60)

Playlist (avant-gardiste) de la semaine (60)

29 mars 2014 | PAR Bastien Stisi

L’émergence d’un cinquième élément new yorkais, des Américains timbrés qui font dialoguer Tzara et Rotten, et la relecture du mouvement dance hall par un producteur bodybuildé…la playlist de la semaine de Toute La Culture résonne avec notre dossier mensuel « Où est passée l’avant-garde », et s’intéresse aux projets les plus expérimentaux du siècle présent :

1. Son Lux, « Lost It To Trying »

Venu de New York (et plus sûrement du cosmos), Son Lux est le cinquième élément qu’attendaient les éléments naturels pour entrer enfin en parfaite harmonie. Idyllique mélange d’électro, d’electronica, d’élancées symphonies et vocales, et de sonorités chapardées aux étoiles les plus lointaines, le troisième album de l’Américain invente la manière de rêver dans le futur.

2. Daft Punk, « Giorgio by Moroder »

L’avant-garde peut-elle se reconstruire via l’utilisation des matériaux du passé, retravaillée par les aiguilles numériques qui composent désormais le présent ? Si tel est le cas, il va sans dire que les Daft Punk ont une nouvelle fois avec leur quatrième opus discographique Random Access Memories concilier les saisons sonores, en accueillant ici un mélange hybride de pop, d’électro, de house, de funk, de disco, de folk et de rock. L’histoire de la musique est là, confiée aux doigts experts et gantés des architectes d’une électro rétro futuriste.

3. The Garden, « What We Are »

Lorsque le dada de Tristan Tzara rencontre Public Image Ltd. et l’ensemble de ses continuateurs post-punk, c’est le turbulent label californien Burger Records qui régale, et qui continue de livrer aux tympans les plus fracassés les particules d’une scène cradote et garage rénovée (Gap Dream, The Orwells, Together Pangea, Burnt Ones…) Les deux frangins / jumeaux Shears qui composent The Garden, eux, déstructurent le rock et les leçons de leurs ainés sur des morceaux dépassant rarement les deux minutes, soit le temps suffisant qu’il faut pour envoyer balader le passé tout autant que le futur.

4. Major Lazer, Sean Paul, « Come On To Me »

Depuis que Diplo et son projet bodybuildé Major Lazer sont apparus sur la scène musicale contemporaine, il n’y a plus rien de honteux à écouter du dancehall (pas gagné d’avance), tant le dj et producteur américain est parvenu à donner à ce genre jadis copieusement raillé des lettres de noblesses largement rénovées. En y ajoutant des pointes d’électro, de dubstep, de machina, ou de reggae ou de hip-hop, Major Lazer se positionne à la pointe d’un dancehall 2.0 et avant-gardiste célébré par le clubber suant et en rut comme par l’amateur de musique averti.

5. James Blake, « Retrograde »

Le parrain étasunien du post-dubstep, véritable instigateur d’un genre novateur, concilie depuis deux albums (et tout plein de larmes) la violence initialement inouïe du virulent dubstep et la pop mélancolique pleine de mélodies traumatiques, tout en se faisant l’inspirateur d’une scène anglophile tout aussi performante (de Sohn à William Arcane, de Deptford Goth à ?Mount Kimbie). Faiblesse, force, et catharsis.

6. Aufgang, « Diego Maradona »

En accouplant l’électronique et le symphonique, les pianos et les claviers, les batteries et les boîtes à rythmes, Aufgang tisse le lien idéal entre la musique de nos ancêtres et celle de nos futurs enfants, et cumule les audaces sonores sur une discographie accueillie par l’inévitable label InFiné. Reste à savoir ce que donnera le trio devenu tout récemment duo suite au départ de son fondateur et leader Francesco Tristano…

7. Chassol, « Oddity (Yuksek remix) »

Loin de l’électro cérébrale et scientifique que certains affublent parfois à ses expérimentations ultrascores, le Français Chassol revendique plutôt les aspérités pop de sa musique malgré ses avancements avant-gardistes. Une pop d’avant-garde capable même d’animer les dancefloors les plus exigeants, comme en témoigne le remix de son « Oddity » exécuté par le dj et producteur rémois Yuksek, par sur son dernier recueil discographique Ultrascores.

La plupart des morceaux de la playlist sont à retrouver sur la page Deezer de Toute La Culture.

Visuel © : pochette de Lanters de Son Lux

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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