Polars
Les polars à emmener dans votre valise cet été

Les polars à emmener dans votre valise cet été

28 juin 2014 | PAR Audrey Chaix

Le mois de juin touche à sa fin, les vacances d’été se rapprochent gentiment, et il est temps de se demander quels livres mettre dans sa valise avant le départ… Avec cette sélection de quatre romans policiers en poche, tous à moins de 10€, Toute La Culture vous aide à choisir !

002903413Emergency 911, de Ryan David Jahn

[rating=4]

Dans une petite ville du Texas, Ian Hunt, un flic fatigué, est le dispatcher du 911, le numéro d’appel d’urgence américain. Un après-midi comme un autre, un appel le sort de sa torpeur : au bout du fil, sa fille Maggie, enlevée sept ans plus tôt, présumée morte. S’engage alors une folle course poursuite entre Ian et le ravisseur de son enfant.

Narré tour à tour du point de vue de Ian, de Maggie et Henry, le ravisseur de cette dernière, Emergency 911 est un thriller haletant de bout en bout. Jahn maîtrise le fil de son histoire avec brio, si bien qu’il trimballe le lecteur de fausse piste en rebondissement, tout en proposant des personnages profonds, pétris de contradictions. Henry, le ravisseur, a l’âme résolument noire – mais c’est pour sauver celle de son épouse qu’il s’enfonce dans une folie meurtrière. Ian Hunt, le père de Maggie, se lance dans la noble quête de sauver sa fille – sans pour autant rester toujours du bon côté de la loi. Seule Maggie reste toujours pure, incarnation même de l’innocence blessée pour Jahn.

Difficile à interrompre, Emergency 911 ne laisse pas un moment de répit à son lecteur, angoissé à chaque nouveau chapitre de la tournure que vont prendre les événements dans les prochaines lignes. Parfait pour contrer l’ennui d’un long voyage en avion ou en train vers votre destination estivale.

Emergency 911 de Ryan David Jahn. Editions Babel noir. Traduit de l’anglais par Simon Baril. Parution : mai 2014. 416 p. Prix : 9,50€.

 

Étranges Rivages, d’Arnaldur Indridason

[rating=5]

9782757843024Loin de Reykjavík, revenu sur les terres de son enfance, le commissaire Erlendur se perd dans l’obession qui le hante dans chacun des romans d’Indridason : résoudre des affaires de personnes disparues. Peu importe si Matthildur, la jeune mariée perdue dans une tempête, s’est volatilisée quelques soixante années plus tôt. A force d’interroger ceux qui l’ont connue et leurs descendants, de déterrer des cadavres et de fouiller dans le passé, il fait peu à peu la lumière sur ce qui est réellement arrivé à la jeune femme – tout en partant également sur les traces de son propre frère, disparu dans une tempête de neige lui aussi alors qu’il était enfant.

Pas de victime encore chaude ici, pas d’enquête officielle, pas de suspect à inculper au plus vite pour calmer les médias. Seul au fin fond de la province islandaise où il est né, Erlendur cherche à résoudre le mystère de la disparition de Matthildur comme un passe-temps, comme d’autres vont skier ou lisent au coin du feu. Et c’est peut-être l’une des enquêtes les plus réussies du commissaire Erlendur. Dans une atmosphère glaciale, Erlendur mène ses interrogatoires en solitaire, rebondit sur ses propres pensées pour entrevoir la solution du mystère. Et c’est bien là que l’on saisit avec le plus d’acuité la personnalité bourrue et torturée du personnage forgé par Indridason, loin du tumulte de la ville. Un roman dépouillé, balayé par la neige et perverti de secrets de famille dévoilés avec réticence.

C’est du grand Indridason que nous livrent les éditions POINTS pour l’été, à garder pour les jours de mauvais temps où toute sortie à la plage est proscrite.

Étranges Rivages d’Arnaldur Indridason. Editions POINTS. Traduit de l’islandais par Eric Boury. Parution : 2 mai 2014. 360 p. Prix : 7,60€.

 

La fin de la saison des guêpes, de Denise Mina

[rating=4]

9782253177791-TDans une demeure cossue de la banlieue de Glasgow, une jeune femme est retrouvée sauvagement assassinée. A plusieurs centaines de kilomètres, le riche homme d’affaires Lars Anderson se pend  dans le jardin de sa propriété du Kent. Aucun lien apparent entre les deux affaires… jusqu’à ce qu’Alex Morrow, officier de police à Glasgow, enceinte de jumeaux, ne prenne l’affaire en main pour démasquer le coupable de l’assassin de la jeune femme.

Encensée par Ian Rankin, le maître du polar écossais, Denise Mina se montre ici à la hauteur de sa réputation. Loin de clichés, elle livre un portrait cru de la police écossaise, entre machisme et luttes intestines, des riches parvenus, preuves vivantes que l’argent ne fait pas le bonheur, et de la classe ouvrière des quartiers pauvres de Glasgow, plus dignes et humains que tous les autres. Avec, au centre de ces univers contraires qui se télescopent, Alex Morrow, à fleur de peau, très beau personnage féminin proposé par Denise Mina, entre force et fragilité.

Un polar où finalement, l’identité des coupables – connue très rapidement – importe moins à l’auteur que les émotions et les relations humaines qui unissent les différents personnages. Idéal pour accompagner des vacances dans les Highlands écossais.

La fin de la saison des guêpes de Denise Mina. Le Livre de Poche. Traduit de l’anglais par Freddy Michalski. Parution : 28 mai 2014. 552 p. Prix : 7,90€.

 

Rosy & John, de Pierre Lemaître

[rating=5]

CVT_Rosy-John-Titre-Provisoire_7061Le 20 mai à 17 h, une bombe artisanale explose dans Paris. Le coupable se livre aussitôt à la police, avec une folle requête : si on ne libère par sa mère, en prison, et si on ne le laisse pas filer en Australie avec elle, six autres bombes exploseront, une par jour. Autre exigence : c’est le commandant Camille Verhœven qui doit s’occuper de l’affaire. Ainsi commence un drôle de contre la montre dans ce court roman qui se lit d’une traite.

Dans sa préface, Pierre Lemaître explique comment ce roman vient clore la trilogie Verhœven, apparemment déjà achevée puisque Rosy & John en est le quatrième volume. Il évoque aussi Au revoir là-haut, sur lequel il travaillait pendant la rédaction de Rosy & John, et qui ont chacun la Grande Guerre en commun – elle est au centre du roman qui lui a valu le Prix Goncourt, et en trame de fond du court roman policier qui lui a été spécialement commandé pour les 60 ans du Livre de Poche. Surtout, il dit le bonheur de retrouver Camille Verhœven.

Court, intense, Rosy & John est avant tout merveilleusement bien écrit, et on se régale avec le ton à la fois très cynique, et profondément humain, qu’emprunte Pierre Lemaître pour conter son histoire. Comme l’un des personnages le répète, le terrorisme, cela fonctionne quand c’est simple : de la même manière, l’écriture fonctionne également quand elle est simple, sans fioritures, mais diablement efficace.

Un roman percutant, qui se termine sur une image aussi belle que violente : à lire à la fin des vacances, le dimanche soir avant de retourner au boulot…

Rosy & John de Pierre Lemaître. Le Livre de Poche. Parution : 28 mai 2014. 142 p. Prix : 5,90€.

 

Visuels : couverture des livres

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaix photo : maxime dufour photographies.

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