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« Les Fils de la poussière » d’Arnaldur Indridason : Une première enquête d’Erlendur Sveinsson décevante

« Les Fils de la poussière » d’Arnaldur Indridason : Une première enquête d’Erlendur Sveinsson décevante

04 novembre 2018 | PAR Julien Coquet

Proposer une traduction du premier roman du maître du polar islandais était une bonne idée mais l’enquête sur un professeur assassiné se révèle poussive.

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Lorsqu’une maison d’édition propose de publier le premier roman d’un auteur qui a depuis fait ses preuves, le lecteur est partagé. D’un côté, le plaisir de découvrir les prémices d’un talent, de repérer les leitmotivs qui parcourent l’œuvre ; de l’autre, une certaine méfiance envers le procédé : pourquoi ce premier roman n’avait-il pas été traduit plus tôt ? Sans être mauvais (existe-t-il une enquête d’Arnaldur Indridason réellement ennuyante ?), force est de constater que Les Fils de la poussière n’arrive pas à la hauteur des autres grands polars islandais tels que La Cité des Jarres ou, dernièrement, la Trilogie des ombres.

Le roman débute par le suicide de Daniel sous les yeux de son frère, Palmi, libraire d’occasion. Daniel, enfermé en hôpital psychiatrique depuis de nombreuses années, était incompris par le personnel : surpris d’apprendre qu’un homme aurait rendu visite à son frère les trois dernières semaines avant sa mort, Palmi décide d’enquêter sur l’identité de mystérieux individu. Au même moment, la police de Reykjavik, menée par Erlendur accompagné du jeune Sigurdur Oli, se rend sur les décombres d’une maison calcinée : un cadavre y est découvert. Palmi et Erlendur vont alors se rapprocher, prenant conscience que leurs affaires sont finalement liées.

Les Fils de la poussière propose une première approche de l’œuvre d’Indridason, ouvrant des thèmes qui seront traités tout au long des romans : celui de la filiation, de l’hérédité, de la culpabilité, de la famille et, surtout, une incroyable noirceur. Il est aussi intéressant de découvrir des personnages que l’on apprendra à aimer, l’inspecteur taciturne Erlendu qui souffre déjà des problèmes que sa fille rencontre, et ses collègues Sigurdur Oli et Elinborg. Malheureusement, l’enquête ne prend cette fois-ci pas : les répétitions sont bien nombreuses et l’intrigue possède très lentement. Le style, que l’on pouvait louer pour la Trilogie des ombres, n’est pas encore poétique et se veut très descriptif. Les Fils de la poussière est donc un roman à conseiller aux fans d’Arnaldur Indridason.

« Erlendur était divorcé depuis longtemps et père de deux enfants qui prenaient rarement de ses nouvelles, sauf quand ils avaient des problèmes. Sa fille était en couple avec un homme suspecté de trafic de drogue et il craignait qu’elle ne fasse également commerce de ses charmes. Il pensait avoir fait tout ce qu’il pouvait pour la sortir du caniveau où elle s’entêtait à retourner en permanence. Ce comportement lui échappait. Erlendur avait renoncé à la confier à des spécialistes ou à toute tentative de coopération avec elle. Il était même allé jusqu’à prendre un congé sabbatique d’un an pour la garder auprès de lui et la préserver de ce mode de vie désastreux. Au prix d’efforts surhumains de leur part à tous les deux, ils avaient réussi à la sortir de l’ornière, mais quelque temps après la gamine était retombée dans la drogue et avait quitté le domicile de son père. Il essayait donc de lui faciliter la vie quand il le pouvait, mais avait cessé de s’occuper d’elle et attentait un miracle. Peut-être trouverait-elle par elle-même le moyen d’arrêter de se droguer. »

Les Fils de la poussière, Arnaldur Indridason, Métailié, 288 pages, 21 €

Visuel : Couverture du livre

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Julien Coquet

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