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Parker, quand polar et BD font bon ménage

Parker, quand polar et BD font bon ménage

28 décembre 2010 | PAR Sonia Dechamps

Trahi par sa femme, doublé par son associé, Parker avait été laissé pour mort… à tort. Bien vivant, Parker veut se venger. Parker va se venger.

Créé par Donald Westlake, connu sous le nom de Richard Starke, Parker est un gangster au sang-froid. Un homme sans scrupules et incapable d’éprouver les moindres remords ou émotions. De cette figure de roman noir, Darwyn Cooke fait aujourd’hui un magnifique « héros » de bande dessinée ; une bande dessinée noire passionnante tant pour son récit que pour son graphisme.

Quand le lecteur découvre le personnage à la première page, il peut déjà s’en faire une petite idée : « Quand un jeune type, dans sa Chevrolet, lui proposa de le déposer quelque part, Parker lui répondit : Tire-toi ! »  Mais s’il se fait une petite idée de qui peut être Parker… le lecteur est encore bien loin du compte, bien loin d’imaginer toute la violence dont le truand – pour qui il se prend bien malgré lui d’affection – peut faire preuve.

Du côté de l’écriture, le mélange entre narration et courts dialogues ciselés est d’une grande efficacité. Ici, pas de fioritures inutiles.  Parker va droit au but et cette bande dessinée qui prend son nom pour titre est à son image. C’est Tonino Benacquista qui assure – avec brio – la traduction française de ce premier volet.

Du côté du dessin, Darwyn Cooke – bien connu outre-Atlantique – offre au lecteur de sublimes illustrations pleines de dynamisme et de classe. Du découpage et du cadrage des cases se dégage un aspect très cinématographique et Darwyn Cooke réussit à insuffler à son adaptation un rythme haletant qui ne donne jamais l’occasion au lecteur de décrocher. Les couleurs contribuent fortement à l’immersion de celui-ci dans le récit ; l’alliance du noir et d’un « gris-vert » très particulier le plonge instantanément dans le New York des années 60. S’attachant beaucoup aux détails, aux mouvements des personnages, Darwyn Cooke propose un travail d’une grande richesse et tout à fait passionnant à découvrir, page après page.

Haletant, glaçant aussi souvent, le « Chasseur » est un polar – au scénario bien ficelé – très efficace. C’est avec impatience que le lecteur attend le deuxième volet des aventures de Parker, regrettant presque déjà que la série se limite à quatre épisodes.

« Parker, Le chasseur – tome 1 » de Richard Stark et Darwyn Cooke chez Dargaud

 

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Sonia Dechamps

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