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Emma T1 Douceurs et turpitudes de la vie de femme de chambre à l’époque Victorienne

Emma T1 Douceurs et turpitudes de la vie de femme de chambre à l’époque Victorienne

11 mars 2013 | PAR Sandra Bernard

L’époque Victorienne, période de modernisation technologique et économique, fait rêver pour ses nombreuses inventions et ses avancées positivistes. Toutefois, le volet social est rarement représenté. Cette lacune est partiellement comblée par Kaoru Mori. La mangaka, passionnée par la période victorienne et l’allure gracieuse mais discrète des femmes de chambre de cette époque, nous propose de suivre la douce Emma dans ses aventures.

Emma, héroïne du manga éponyme, est une jeune et jolie femme de chambre, dévouée à sa maîtresse, une préceptrice à la retraite. Bien que discrète, c’est le flash dès sa première rencontre avec William Jones, riche jeune homme venu rendre visite à son ancienne gouvernante. Peu à peu, ils se rapprochent. Cependant, celui-ci est déjà fiancé à Eleanor, demoiselle de bonne famille. Pire encore, la différence de classe sociale interdit tout rapprochement, mais faut-il suivre les conventions ou ses sentiments ? L’évolution de leurs sentiments est dépeinte avec douceur, mais sans mièvrerie. Les nombreux personnages secondaires viennent enrichir l’histoire. Agréables ou non, ils reflètent de manière très réaliste la société et les mentalités très rigides de l’époque. Si l’ambiance rappelle un peu Gisèle Alain, si dans les deux oeuvres, les jeunes femmes bousculent les conventions, là où les premiers tomes de Gisèle Alain sont frais et charmants, Emma s’avère moins espiègle et plus mature dans les sujets abordés.

Cette fresque victorienne, hélas passée un peu inaperçue lors de sa sortie française, comporte déjà tous les germes de la remarquable série Bride Stories, qui a valu à son auteure Kaoru Mori le prix Intergénérations du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême.

La réédition d’Emma dans le format latitudes permet de découvrir (ou redécouvrir) une oeuvre forte dans un format des plus agréables. Réunissant plusieurs tomes, les grandes pages permettent de pleinement apprécier les dessins et la finesse du trait. Les détails des environnements sont recherchés et soignés, les personnages sont, en revanche, assez peu caractérisés, mais cela ne gêne en rien la lecture qui s’avère des plus passionnantes.L’auteure aime ce qu’elle fait et cela se voit.

Visuels : © 2002 Kaoru Mori

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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