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« Les Arpenteurs » de Kim Zupan, un chef-d’oeuvre de la littérature américaine.

« Les Arpenteurs » de Kim Zupan, un chef-d’oeuvre de la littérature américaine.

28 janvier 2015 | PAR Le Barbu

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Kim Zupan est originaire du Montana. Il a grandi aux alentours de Great Falls, dans la région qui tient lieu de décor à son roman.  Durant vingt-cinq ans, il a gagné sa vie grâce à son métier de charpentier et a continué d’écrire en parallèle. Il a été tour à tour fondeur, professionnel de rodéo, pêcheur de saumon en Alaska, réparateur d’avion à réaction. Il enseigne aujourd’hui la menuiserie à l’université de Missoula. Premier roman hypnotique et crépusculaire, Les Arpenteurs met en scène deux personnages poursuivis par leur conscience et hantés par la mélancolie d’un paysage qui les a faits tous deux à son image.

 

Nuit après nuit, dans une prison du Montana, le jeune Val Millimaki s’assied face aux barreaux qui le séparent de John Gload, 77 ans, en attente de son procès. Astreint aux pires heures de garde, l’adjoint du shérif se retrouve à écouter le criminel qui, d’instinct, est prêt à lui révéler en partie son passé. Petit à petit, Millimaki se surprend à parler, lui aussi, et à chercher conseil auprès de l’assassin. En dépit des codes du devoir et de la morale, une troublante amitié commence à se tisser entre les deux hommes. Dans un subtil jeu d’échos, entre non-dits, manipulations et sombres confessions, le jeune shérif cherche des réponses à ses propres tourments et, chaque matin, il tente vainement de reprendre pied dans la réalité. Mais sa vie, comme son mariage, lui échappe chaque jour un peu plus.

Les Arpenteurs est un premier roman parfaitement maitrisé, puissant et lyrique, où toute la brutalité du monde flirte avec la beauté des rapports humains. Les contrastes nous saisissent, nous mettent en déroute, nous semblent improbables. Kim Zupan réussit parfaitement à révéler l’essence de l’âme humaine, bourrée de paradoxes, et qui se refuse aux étendues sans limites. A croire que l’homme ne sait pas quoi faire de la liberté, et que sa nature profonde, coincée entre toute puissance et impuissance, le pousse à l’encellulement.

« Les Arpenteurs » de Kim Zupan, éditions Gallmeister, janvier 2015.

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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