Fictions
“Le Pas de la Demi-Lune” : un pas de côté bienvenu

“Le Pas de la Demi-Lune” : un pas de côté bienvenu

25 août 2022 | PAR Marianne Fougere

Remarqué pour son roman La Claire Fontaine, David Bosc propose avec Le Pas de la Demi-Lune une fable inespérée alors que le monde d’après n’arrive jamais.

 

La lecture est souvent question de hasard. Certes, on peut choisir un livre pour son auteur ou ne souhaiter lire que des textes élevés, des livres parfaits. Mais il est fréquent de porter son choix sur un titre ou une couverture. Ainsi, parfois, le hasard nous fait lire de mauvais livres mais qui nous rendent heureux. Parfois, il nous fait découvrir de jolies pépites auxquelles on ne s’attendait pas. Le Pas de la Demi-Lune fait partie de ces heureux hasards.

Difficile pourtant de résumer en quelques phrases le nouveau roman de David Bosc. L’intrigue se passe peut-être dans le futur mais résonne terriblement avec notre époque. On y voit des clans guerriers comme dans le Japon médiéval. On discerne le sommet de collines comme dans l’arrière-pays marseillais. On suit surtout Ryosh? retrouver les paysages de son enfance et, avec eux, la période de troubles qui a précédé le déplacement de la capitale Mahashima. Le lacis sinueux de chemins qu’on emprunte à sa suite nous conduit à un carrefour. Celui où se séparent les mondes de l’enfance et de l’âge adulte, celui où déambulent en nombre suffisant des personnes.

Car, nous souffle David Bosc, la croisée des chemins n’a peut-être pas la signification qu’on lui prête habituellement. “Peut-être qu’une route est véritablement un carrefour, parce qu’on y arrive désappointé, et alors on cause à ceux qui se trouvent là, en ayant surtout besoin d’un mot de réconfort. Le bavardage sans importance, l’eau qu’on reçoit, ou la cigarette, tout ce qui concourt à cette douce trivialité grâce à quoi le monde est habitable”. Et c’est pareil pour les livres. “Il faut du rire, de la banalité, de l’ennui, des choses triviales, inutiles, un peu de faiblesse, d’humanité, sans quoi…” Sans quoi ils ne sont pas “lisables” car ils ne nous permettent pas de bricoler avec les mots, de raboter la matière du réel pour rendre le monde habitable.

 

David Bosc, Le Pas de la Demi-Lune, Paris, Verdier, sortie le 25 août 2022, 192 p., 17 euros.

Visuel : couverture du livre

 

 

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