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Le Caméléon d’Andreï Kourkov : quand le nationalisme se mêle à l’absurde

Le Caméléon d’Andreï Kourkov : quand le nationalisme se mêle à l’absurde

31 juillet 2012 | PAR Sarah Barry

En librairie depuis le 7 juin 2012, Le Caméléon, dernier roman d’Andreï Kourkov, nous entraîne de nouveau dans l’univers russe et déjanté de l’auteur du Pingouin (oeuvre qui a déjà connu un succès international). Un récit amusant, teinté d’une esthétique surréaliste, qui joue sur les questions d’identité nationale sans se prendre au sérieux une seconde.

Nikolaï Sotnikov, protagoniste ordinaire comme un monsieur-tout-le-monde, vient d’acheter un studio à Kiev. Mais le banal se trouve percuté par le romanesque lorsque notre citoyen lambda tombe sur une édition du Kobzar de Taras Chevtchenko, chef-d’oeuvre de la littérature ukrainienne, étrangement annoté par un sibyllin inconnu. La quête curieuse de Nikolaï commence tandis que se réveille l’aventurier en lui : on déterre des cadavres, on échappe à la mafia, on s’embarque dans des convois douteux, bref, on fait la traversée du désert, le tout entre quelques verres de vodka, plusieurs fusillades et deux trois trips psychédéliques. Un soupçon de glamour dans ce monde de brutes, avec la compagnie charmante d’une ravissante Kazakhe, et tous les ingrédients sont là pour un roman accrocheur.

Un bémol : si l’on apprécie l’extravagance des dialogues, le côté irréel, presque surréaliste de certains moments, on se demande de temps en temps où va l’intrigue. Doit-elle réellement nous emmener quelque part après tout ? Certes non, il faut savoir lâcher prise. Mais on se lasse parfois de ne pas vraiment suivre ce qu’il se passe.

Néanmoins, nous nous en trouvons que plus sincères dans notre partage de cette aventure avec le héros, et comprenons bientôt avec lui que les nationalismes ne se justifient plus face à la simplicité de l’union. Un caméléon accompagne le voyage comme une mascotte : il est là pour rappeler aux hommes qu’ils ne sont pas noirs, ou blancs, ou gris, mais qu’ils peuvent s’adapter à toutes les couleurs du monde.

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Sarah Barry

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