Livres
L’Autocollant, un premier roman poétique et politique

L’Autocollant, un premier roman poétique et politique

10 janvier 2011 | PAR Yaël Hirsch

Premier roman de la journaliste italienne Leonora Sartori, l' »Autocollant » permet à l’Italie des années 1980 et à l’histoire de l’apartheid dans le township de Vereeniging de se rencontrer. Un livre qui allie toute la poésie de l’enfance avec la cruauté du politique dans ce qu’il a  de plus cynique. Sortie le 3 février 2011.

L’Autocollant commence comme les Mots de la tribu, de Natalia Ginzburg  : le père met son rucksack pour emmener sa fille de six ans (et la mère et le frère) en expédition. Sauf que le père ne se rend pas à la montagne, mais à une manifestation gauchiste. Et qu’on est dans les années 1980, ce qui laisse à la petite fille toute la latitude d’être ironique. Dans la chambre des enfants, un tiroir contient toutes les causes que les parents ont soutenues. Causes perdues de « loosers » selon les mots de la petite fille devenue adolescente. Sauf celle de la libération de six noirs injustement incarcérés lors des émeutes de 1984 à Sharpeville, en Afrique du Sud. Bien des années après leur emprisonnement, leur torture et leur faux procès, ces victimes sont bel et bien libérées…

Livre hommage aux idéaux de la génération de nos parents, l’ « Autocollant » mêle avec brio le monde magique d’une petite fille italienne chérie par ses parents et chacune des histoires de peur et de douleur des six noirs victimes de la justice sud-africaine. Un très beau livre.

Leonora Sartori, « L’Autocollant », trad. Jean-Luc Defromont, Liana Levi, 176 pages, 15 euros. Sortie le 3 février 2011.

« C’était un dimanche de printemps, en 1984. J’avais six ans et pour moi brosse à dents et dentifrice étaient une seule et même chose. Ce matin-là, de mon lit, je percevais une forte odeur de café et le crépitement des tranches de pain sur le gril. » p. 27

 

 

 

A la découverte de Léon-Gontran Damas au Lucernaire
Dos à dos, quand la famille donne des frissons
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture