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La nuit de Lampedusa, un roman napoléonien signé Daniel Picouly

La nuit de Lampedusa, un roman napoléonien signé Daniel Picouly

25 avril 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Pour son nouveau roman, Daniel Picouly, déjà vainqueur du Renaudot en 2000 pour L’enfant Léopard choisi d’embarquer le lecteur dans une histoire romanesque teintée de la conquête d’Egypte. « La nuit de Lampedusa » est un ouvrage bien renseigné sur la période napoléonienne, offrant des moments haletants.
Autour de la tombe du chevalier de Saint Georges, dans un XIXe siècle médiéval, quatre mousquetaires reçoivent l’ordre de libérer le général Dumas, le père d’Alexandre, enfermé à la prison de Messine. Dans une fausse parallèle, Napoléon prépare la chute du directoire afin d’y installer encore plus son pouvoir. Les chemins de la grande et de la petite histoire se croisent au cœur du Ventre de Jeanne, une certaine nuit, à Lampedusa.
Ces deux histoires parallèles, celle de Bonaparte et celle du groupe des quatre: Jonathan et Edmond, fidèles du chevalier, Jeanne, et l’horrible Le Mac , nécessaire car financeur de l’affaire, sont reliés par les entrailles de la belle jeune fille. Elle porte l’enfant de Saint Georges, son Ventre décide de lui jouer des tours en lui proposant 13 mois de grossesse, l’occasion certaine de nombreux rebondissements, notamment sur la couleur de l’enfant à venir mais aussi de découvertes étonnantes dans les rues du Caire sur le port d’Ajaccio.
Picouly dans une obsession d’opposition rythmant le roman insiste sur l’antagonisme noirs/blancs. Le sauvetage de Dumas est décidé dans le quartier de « Harlem »,se situant visiblement au cœur de Paris , seule Jeanne et l’entourage de Bonaparte est blanc. « La nuit de Lampedusa » se structure par une alternance binaire de deux histoires qui finissent  sans surprise par se rencontrer.
Dans ce Paris en 1799, les liseuses de bonnes aventures décident du dénouement, les quartiers prennent des noms new-yorkais et les batailles à l’épée se déroulent autour des tombeaux. Les épopées sont légions, peut être trop. On se passionnera pour l’aventure qui verra Jeanne devenue la Sainte Vierge échapper à l’Etna déchainé. On se délectera de découvrir un Bonaparte amoureux, vengeur, détestant Joséphine. Quand au Mac détourneur de pierre rosette, l’idée tient du génie. L’écriture est vive est facile d’accès, en revanche, l’histoire tend à se perdre dans des méandres quelques fois compliqués. Reste un roman qui séduira les amoureux des histoires à rebondissements sur fond d’aventures historiques.
Extrait
-Messieurs, ne trouvez-vous pas que le monde est bien petit ?
Le Mac déroule une nouvelle carte qui court du nord de la France jusqu’au sud de l’Egypte.
-Regardez. Entre nous dans cette voiture et Bonaparte au Caire, il n’y a rien.
-Pourquoi parler du Caire, Le Mac ? Nous allons ici !
Jonathan pose sur Messine un doigt qui trempe à moitié dans la mer.
-Bien sur messieurs. Le Mac n’a qu’une parole.
-Plus vous le répétez , plus on a l’impression que votre parole se multiplie comme des petits pains.
-Je suis le Jésus de la mauvaise foi (…)
p. 200

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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