Livres

Jonathan Safran Foer plaide la cause des animaux

28 décembre 2010 | PAR Yaël Hirsch

Le dernier livre de l’auteur surdoué de « Tout est illuminé » et de « Extrêmement fort et incroyablement près » consacre son dernier livre à défendre la cause des animaux. Un livre entre essai et roman, très documenté, mais qui pourrait un peu lasser les non-végétariens. Parution de la traduction chez L’Olivier le 6 janvier 2011.

« Faut-il manger des animaux? » (« Eating animals »), telle est la question que se pose JOnathan Safran Foer à l’aube de son mariage, alors qu’il a alterné opulents repas de protéines animales chez sa grand-mère qui stocke et cuisine comme si la guerre allait à nouveau occasionner une famine et périodes végétariennes. Afin d’accorder son assiette à son éthique, l’écrivain et philosophe se lance dans une enquête à la première personne dans les méandres effrayants de l’élevage de saumons, de volailles, de cochons et de bœufs, et va même jusqu’aux abattoirs. Même si sur sa route, il trouve quelque sympathiques éleveurs végétariens qui tentent de rendre l’élevage plus humain avec courage et conviction, le tableau qu’il dépeint est effroyable : dans tous les élevages industriels (soit 99% des structures américaines), les animaux sont génétiquement modifiés, enfermé dans un espace réduit, et tués sans aucune considération pour leur souffrance… La loi et son application en termes d’humanités envers les animaux font deux poids et deux mesures, et l’exploitation de la viande par l’homme risque bien de créer une catastrophe écologique de premier ordre.

Documenté, l’essai de Jonathan Safran Foer se veut neutre- du moins au début- et non moralisateur. Il n’en demeure pas moins que les descriptions répétitives du martyre des animaux qui n’auraient pas succombé au premier coup sur la chaîne d’abattage finissent par transmuer le livre en plaidoyer végétarien à la limite du dogmatique : « Nous ne pouvons pas plaider l’ignorance, seulement l’indifférence. Nous avons la charge, mais aussi la chance de vivre au moment où les critiques contre l’élevage industriel se sont frayé un chemin dans la conscience populaire. C’est à nous que l’on pourra demander à bon droit : Qu’est ce que vous avez fait quand vous avez su la vérité sur le fait de manger des animaux? » (p. 311). Les amateurs invétérés de steak et néanmoins fans de l’auteur achèteront le livre pour ses premières pages, extrêmement touchantes et pertinentes sur le sens du partage de la nourriture.

Jonathan Safran Foer, « Faut-il manger des animaux? », trad. Gilles Berton et Raymond Clarinard, L’Olivier, 363 p., 22 euros. Sortie le 6 janvier 2011.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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