Jeunesse

Le voyage de Mémé de Gil Ben Aych

Le voyage de Mémé de Gil Ben Aych

09 mai 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Ce livre est la suite de L’essuie-mains des pieds (voir notre article à ce sujet) dans lequel l’auteur racontait son déménagement d’Algérie en France et la manière dont lui et sa famille s’accoutumaient à ce nouveau pays. Dans ce nouveau récit, Le voyage de Mémé, Gil Ben Aych nous raconte le périple qu’il a effectué avec sa grand-mère paternelle, Etoile, afin de la conduire de Paris à Champigny à pied car la vieille dame ne voulait prendre aucun moyen de transport. Ce trajet à pied est une découverte tant pour la grand-mère que pour le petit-fils de la banlieue parisienne, traditions algériennes et habitudes françaises s’y côtoient, s’y opposent, s’y réunissent. Ce voyage est un apprentissage, il ne forme pas seulement la jeunesse incarnée par l’auteur mais aussi la vieille dame qui va à la rencontre de sa nouvelle vie.

Le style de Gil Ben Aych est ici plus aisé à suivre que dans L’essuie-mains des pieds car il ne reproduit cette fois pas le langage parlé des personnages sauf dans les propos de la mémé mais ces derniers sont si pittoresques qu’il ne pouvait en être autrement car c’est dans ce dialogue intergénérationnel que réside le sel de cette histoire. Enseignant, philosophe et conseiller d’éducation, Gil Ben Aych nous livre ici les clés de sa philosophie, issue de sa sagesse familiale.

Cette histoire est très drôle parce que, pour la grand-mère, tout est une découverte. La langue française, les transports en commun qui l’effraient, le métro en particulier, le cinéma qu’elle confond avec la réalité, les consommations dans les cafés, les produits qui ne sont pas les mêmes qu’en Algérie, les clochards, une péniche passant une écluse, la publicité, tout est prétexte à faire un arrêt dans le trajet, à parler avec les gens, à découvrir. La curiosité est au cœur de ce voyage. Pour savoir où l’on vit, rien de tel que de se déplacer à pied, prendre le temps d’observer.

Un voyage humain unique qui touchera tous les lecteurs, déjà un classique de la littérature jeunesse.

 

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Sandrine et Igor Weislinger

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