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L’opaque « Nuit des Odyssées » de Sonia Wieder-Atherton au Festival d’Avignon

L’opaque « Nuit des Odyssées » de Sonia Wieder-Atherton au Festival d’Avignon

22 juillet 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

A un jour de la fin du Festival d’Avignon, la musique reprend ses droits sur le spectacle vivant. Demain soir, c’est Arnaud Rebotini qui, dans un grand boom boom, clôturera la 73e édition. Jusqu’au 23 également, Sonia Wieder-Atherton propose dans l’écrin de la Chartreuse sa version d’une Odyssée.

Recevoir l’immense violoncelliste à Avignon est un événement et le public nombreux ne s’est pas trompé. La proposition est sublime sur le papier : réunir des multitudes de voix pour en faire la bande-son d’un monde en exil. Avec, au cœur de ce monde, enrobée par les vidéos notamment de Chantal Akerman, seule en scène, Sonia Wieder-Atherton.

« Treize aventures » sont déployées, ce sont treize morceaux, certains sont composés par la musicienne, d’autres non. Elle excelle sur son interprétation  de La 6e suite en ré Majeur (prélude) de Bach. Elle joue magistralement, avec son incomparable toucher tellurique et incarné.

Mais, et le mais est énorme, le spectacle s’effondre dans une dramaturgie inexistante. Le public est installé sur des chaises, en face d’elle et sur les côtés. C’est assez simple, on ne voit rien. Pourquoi ne pas annoncer cette pièce comme étant sonore ? Cela est possible et fonctionne. Nous sommes loin d’elle et rien n’y fait. La création lumière est superbe, tout comme le travail enveloppant du son de Franck Rossi qui au départ nous séduit en nous plongeant dans « L’explosion ». Mais, les voix enregistrées, qui sont censées nous faire entendre la diversité des langues, restent à distance. 

On aurait rêvé d’une vraie immersion dans cette proposition qui a tout pour être réellement une belle nuit. Pour être embarqués à bord de cette voiture qui roule dans le désert, il nous aurait fallu une portée performative plus puissante. Cette pièce qui veut « de manière fraternelle » offrir « une expérience sensorielle d’une grande beauté » doit repenser sa dramaturgie, de façon beaucoup plus immersive pour prétendre à dresser le portrait « d’une humanité en voyage ».

Visuel : Autorisation du Service de Presse du Festival d’Avignon-La Nuit des odyssées © DR

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