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Inverno, d’Hélène Frappat

Inverno, d’Hélène Frappat

23 juillet 2011 | PAR Yaël Hirsch

Lauréate du prix Wepler 2009 avec « Par effraction » (Allia, Mention spéciale du Prix Wepler),  Hélène Frappat passe chez Actes Sud en cette rentrée litétraire 2011. Subtil et sensible, « Inverno » est une histoire de femmes qui passent comme des ombres dans un train.

L. s’est exilé à Rome avec son fils, où elle a vécu dans la solitude pendant plusieurs années. A son retour, elle revoit sa meilleure amie d’enfance, Emmanuelle, et les parents de celle-ci. Ombre muette, L. est témoins, tandis-que la vraie héroïne de cette histoire est la mère d’Emmanuelle, Bérangère. Issue d’une famille bourgeoise et aimante, celle-ci a fui le pensionnat de jeunes-filles où elle étudiait bien sagement pour précipiter un mariage malheureux avec un mari terriblement jaloux. La génération des femmes de l’âge et du milieu de Bérangère ne divorçait pas. La femme silencieuse et malheureuse tue le temps au foyer…

D’une plume aussi légère qu’une caresse, Hélène Frappat décrit une histoire à la fois banale et douloureuse. La grande originalité de cet « Inverno » est la perspective que sculptent les trois personnages féminin : L. seule à Rome avec son fils; L. sur le perron de la maison d’Emmanuelle, 20 ans après, et Bérangère attendant dans son petit appartement de Pigalle puis de Saint-Ouen forment un triptyque où la force des états d’âmes de chacune de ces trois femmes se trouve renforcée par leur confrontation avec ceux des deux autres. En  préférant la suggestion à la démonstration, Hélène Frappat parvient à « écrire un roman comme un train qui filerait dans la nuit ».

Hélène Frappat, « Inverno », Actes Sud, 144 p., 16 euros. Sortie le 17 août 2011.

« Dans les tourments que L. se complaisait à inventer, son fils était absent. jamais elle n’aurait songé à en faire un personnage de ses mélodrames, qui se déroulaient dans un univers parallèle, coupé du monde réel, le seul où vivaient pour elle els enfants. Parce qu’il exigeait sa présence, son fils chassait les mondes lointains où se tramaient les doubles vies stéréotypées que son imagination prêtait à son amant.« 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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