Fictions

« Vera » de Karl Geary : Par-delà l’âge et la condition sociale, l’amour

« Vera » de Karl Geary : Par-delà l’âge et la condition sociale, l’amour

08 octobre 2017 | PAR Julien Coquet

Dans son premier roman, Karl Geary dresse le portrait d’un jeune garçon un peu paumé qui tombe amoureux d’une femme plus âgée et de classe différente.

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Il y a quelque chose d’Harold et Maude dans le Vera de Karl Geary. Pourtant, la différence d’âge entre les deux personnages n’est pas si importante et d’ailleurs, on ne connaîtra jamais l’âge véritable de Véra. Alors que Sonny est un jeune Irlandais de seize ans, Vera a, elle, eu deux mariages, dont un heureux. L’âge ne constitue pas le seul obstacle entre les deux amants : avec une touche de Ken Loach, Karl Geary dépeint deux mondes différents. C’est la famille de Sonny, dont le père dilapide ses revenus chez les bookmakers, où la mère n’est jamais heureuse et où les frères ne sont jamais nommés mais seulement évoqués tels des ombres. D’un autre côté, c’est Vera, Vera qui habite dans un quartier chic, une maison luxueuse avec une bibliothèque bien fournie.

Mais Vera, malade, n’est pas heureuse, et tente de se suicider : « Vera voulait mourir, mais si tu parvenais à l’attirer ici, dans la chambre froide avec ces corps morts et glacés qui se balançaient sur leur crochet, qui ne signifiaient plus rien et qu’on pouvait frapper, manger et ce sang dont on pouvait se laver les mains sans même y penser, alors elle verrait ce qu’est la mort et elle changerait d’avis. Tu rêvais d’être le héros qui la sauverait, même avec tout ce que tu ignorais ». Sonny, subjugué par la beauté de cette femme, tombe amoureux.

Ecrit à la deuxième personne, sans que l’on sache qui est le narrateur, Vera est un roman d’amour poétique et modeste. Pour son premier roman, l’acteur devenu scénariste qui partage sa vie entre Brooklyn et l’Ecosse nous fait découvrir les premiers émois amoureux : « Tu l’aimais. C’était la première fois que tu le formulais, ce sentiment qui t’étreignait ; tu compris que tu étais tombé amoureux ».

Vera, Karl Geary, Editions Rivages, 276 pages, 21,50

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Julien Coquet

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