Fictions

« My Bloody Valentine » de Christine Détrez : quand l’été tourne à la catastrophe

« My Bloody Valentine » de Christine Détrez : quand l’été tourne à la catastrophe

07 juin 2018 | PAR Marine Stisi

Les Editions Denoël publient avant l’été My Bloody Valentine, quatrième roman de l’écrivaine et sociologue Christine Détrez (La construction sociale du corps, Quel genre ?, Les femme peuvent-elles être des Grands Hommes ?), un roman où le turquoise de la mer (et de sa couverture) dissimule des petits jeux de la vie qui tourneront vite à la catastrophe.

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Coquillages et crustacées

En apparence, rien ne présume quelconque malheur à cette joyeuse bande d’amis partie pour un mois en août dans la chaleur paradisiaque de la Corse. Le soleil est évidemment au rendez-vous, la villa est superbe, la vue sur la mer, aussi. On pêche, on bronze, on boit des bouteilles de rosé en fin de soirée avant de s’endormir dans des draps blancs.

Sauf que. En s’approchant un peu, la situation est plus compliquée qu’elle n’y paraît. Paul, récemment séparé d’Isa, a décidé de venir avec sa nouvelle compagne, Delphine, elle-même accompagnée de ses deux fils. Emilie, la fille de Paul, a bien du mal a accepter la situation : que son père ait échangé sa mère contre une autre femme. D’autant plus que cette femme a elle aussi des difficultés à trouver la place qui est supposée être la sienne.

Avec à eux, François et Véro, couple amis de longue date, ont laissé leur grand fils venir avec sa petite-amie, Valentine. Derrière son mini-short en jean, ses longs cheveux soyeux, la jeune-fille, dans la fleur de l’âge, est consciente de son potentiel de séduction. Elle minaude sans hésiter et les garçons comme les hommes n’ont d’yeux que pour elle.

Un orage gronde

Ecrit du point de vue de Delphine, la nouvelle compagne de Paul jetée dans la fausse aux lions, le roman est aussi agréable qu’il est malaisant.

Agréable évidemment, car on sent l’odeur de la mer, la sensation du sable chaud sur une peau dorée. On se remémore les étés brûlants et la sensation si satisfaisante des étés qui débutent.

Mais, on ressent aussi cette nostalgie des moments d’insouciance, vu, et c’est aussi ce qui est terrible, via le prisme du temps qui passe, du temps qui s’éloigne. Delphine ne se sent pas à l’aise avec les adultes dont elle ne partage aucun souvenir, pas même avec son nouveau compagnon, et est déjà bien trop loin des ados. Alors, où se trouve sa place ?

L’orage gronde toute les vacances durant, un orage dissimulé, une catastrophe qu’on sent venir du bout du nez. Et c’est cette sensation qui ne nous fait pas lâcher le roman avant qu’il ne soit terminé.

My Bloody Valentine, Christine Détrez, Editions Denoël, 190 pages, 18,50€.

Couverture : © DR

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Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

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