Fictions

La grâce des brigands : Véronique Ovaldé aborde la question de la manipulation littéraire

La grâce des brigands : Véronique Ovaldé aborde la question de la manipulation littéraire

05 août 2013 | PAR Yaël Hirsch

L’auteure de « Ce que je sais de Vera Candida » et « Des vies d’oiseaux » continue d’envelopper ses personnages féminins d’une aura un peu magique. Même l’auteure Maria-Cristina, héroïne de son nouveau et excellent roman, « La Grace des brigands ». En librairies le 22 août 2013.

[rating=5]

la-grace-des-brigandsMaria-Cristina Vaätonen a quitté la maison familiale, dans le grand nord, à l’âge de 16 ans pour aller vivre le rêve californien. Plus de vingt ans après, un coup de fil de son insupportable et autoritaire maman la rappelle à son village d’origine pour venir s’occuper du fils de sa sœur. Un voyage qui occasionne en flash-back la remémoration de la vie de la jeune-femme à LA. Celle-ci a commencé comme assistante d’un grand écrivain gras et alcoolique dont elle s’est amourachée, Rafael Claramunt. Ce dernier lui a servi de parrain et permis de publier un roman à succès avant l’âge de 18 ans. Mais il a aussi peut-être tenté de la manipuler et fait le malheur de cette jeune-fille venue trouver la paix et le soleil dans le Sud.

Mosaïque à la fois incomplète et naïve quant aux grands traits principaux, le portrait de Maria-Cristina par Véronique Ovaldé est d’autant plus brouillé qu’on se rapproche du métier d’écrivain. Ce n’est que par petites touches, et en flash-back qu’on revient sur les rouages de ce qu’a été la vie de cette jeune-fille prenant son destin en main. Posant la question de la trahison et de plagiat, le roman interroge à nouveau la notion de destinée. En fuyant ses parents et le chemin qui lui était tracé, la jeune auteure n’a-t-elle pas couru à la rencontre d’une vie qui lui était tout autant imposée ? Un livre profond, vivant et prenant, que les fans d’Ovaldé adoreront.

« La Grace des brigands », de Véronique Ovaldé, L’Olivier, 290 p., 19.50 euros. Sortie le 22 août 2013.

«Au fond, son rêve était très individualiste, il n’y avait à sa connaissance pas de ‘nous’ possible, elle ne pourrait jamais dire ou écrire, Nous étions des jeunes gens pleins d’espoir mais certains d’entre-nous se donneraient la mort, tandis que d’autres partiraient vivre à l’étranger, certains d’entre-nous se marieraient avec des gens croisés une fois ou deux, certains deviendraient des bouddhistes et d’autres deviendraient accros à l’alcool et au Prozac. » p. 110

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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