Fictions

« L’Ombre de Gray Mountain », le dernier John Grisham chez JC Lattès

« L’Ombre de Gray Mountain », le dernier John Grisham chez JC Lattès

30 mai 2015 | PAR Audrey Chaix

2008, New York. Samantha travaille d’arrache pied dans un grand cabinet d’avocats, sa carrière prometteuse est sur le point de décoller … jusqu’à ce que la faillite de Lehman Brothers remette tout en question pour elle et ses collègues. Du jour au lendemain, la jeune femme, qui avait jusque là consacré toute sa vie à son travaille, se retrouve sur le carreau. Seule issue possible : un stage non rémunéré dans un centre d’aide juridique au cœur des Appalaches, qu’elle accepte à contre-cœur. Sur place, elle prendra vite la mesure d’un scandale étouffé par les grandes entreprises qui exploitent le charbon de la région : le drame humain et écologique auquel elle est confrontée remettent en perspective ses priorités, et redonnent un sens à son métier.

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Après L’Allée du Sycomore (paru récemment au Livre de Poche), John Grisham change d’univers : il quitte le polar juridique inspiré d’un drame familial et intime, pour partir en croisade contre les grandes exploitations minières dans les Appalaches. Extrêmement bien documenté, L’Ombre de Gray Mountain est l’occasion pour le lecteur de prendre conscience de l’horreur qui se joue dans un territoire méconnue des États-Unis, où l’on meurt encore de la silicose alors que des montages entières sont arasées pour mettre au jour les veines de charbon.

Malheureusement, au-delà de l’aspect documentaire, la structure narrative qui soutient le roman reste faible, et John Grisham ne semble pas avoir fait beaucoup d’efforts pour la construire. Les personnages ne sont pas assez développés pour acquérir une véritable profondeur, et l’intrigue oscille entre longueurs soporifiques et retournements de situation attendus. C’est d’autant plus dommage que Grisham a là en main un matériau extrêmement riche.

L’Ombre de Gray Mountain se lit donc principalement pour la toile de fond qui le compose. Plus de quatre cent pages qui se lisent facilement, mais laissent le lecteur sur sa faim. Décevant de la part d’un auteur qui nous a habitués à bien mieux.

L’Ombre de Gray Mountain, de John Grisham. Traduit de l’anglais (US) par Dominique Defert. Éditions JC Lattès. Prix : 22,90 €. Paru en mars 2015. 450 p.

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaixphoto : maxime dufour photographies.

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