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« Un feu dans la nuit » d’Erin Kelly : un thriller glaçant au cœur d’une famille anglaise

« Un feu dans la nuit » d’Erin Kelly : un thriller glaçant au cœur d’une famille anglaise

07 décembre 2014 | PAR Audrey Chaix

Comme tous les ans, la famille MacBride se retrouve au grand complet le week-end du 1er Novembre, alors que le Royaume-Uni célèbre Bonfire Night, la Nuit des feux de joie qui commémore la trahison de Guy Fawkes. Sauf que cette année n’est pas tout à fait comme les autres : Lydia, la mère de famille, est décédée quelques mois plus tôt d’un cancer, et tout le monde a perdu ses repères. Tous, sauf le frère, Felix, qui amène avec lui Kerry, une jeune fille aussi superbe que renfermée, qui ne s’illumine que lorsqu’elle est en compagnie d’Edie, le bébé de neuf mois de Sophie, l’aînée des filles MacBride. Le soir de la fête du village voisin, toute la famille se rend à la soirée, laissant Kerry garder le bébé. Lorsque Sophie revient de la soirée un peu plus tôt que prévu, nulle trace de la jeune femme, ni d’Edie… Kerry semble avoir kidnappé la petite.

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Un feu dans la nuit commence comme un roman familial assez classique, avec les retrouvailles d’une famille nombreuse dans la maison de vacances, vues à travers les yeux de la fille aînée, Sophie. La disparition de la petite amie du frère et du bébé est un premier tournant dans la narration : Erin Kelly emmène son lecteur du côté du thriller alors qu’elle élimine une à une toutes les possibilités que la disparition de l’enfant soit autre chose qu’un enlèvement.

Sauf qu’au moment où commencent les recherches pour localiser l’enfant, la narration change de point de vue et Kelly donne voix à Darcy, un jeune garçon de douze ans dont le chemin a croisé celui des MacBride quelques quinze années auparavant. Au fur et à mesure que Darcy raconte son parcours, les liens avec les MacBride se créent, et quelques éléments de compréhension sont livrés au lecteur afin qu’il puisse assembler les morceaux du puzzle. L’histoire de Darcy est glaçante, et la plongée dans la psychologie du personnage est menée avec beaucoup de finesse par Erin Kelly, qui excelle à créer des caractères bien définis, dans leurs ambiguïtés autant que dans leur rapport au monde.

Erin Kelly reprend la narration pour raconter la suite du côté de Rowan, le père de famille un peu dépassé par les événements depuis le décès de sa femme, puis de celui de Kerry, la jeune femme soupçonnée d’avoir enlevé Edie – c’est dans ce dernier chapitre que le voile est levé sur le fin mot de l’histoire, laissé en suspens tout au long du roman. En effet, Kelly manie avec beaucoup de maîtrise les différentes étapes de révélation qui jalonnent le roman, entretenant toujours ainsi un suspens savamment dosé. Si bien qu’il est difficile d’abandonner Un feu dans la nuit une fois le roman entamé.

Un feu dans la nuit, d’Erin Kelly. Traduit de l’anglais par Eva Roques. Editions JC LAttès. Paru en octobre 2014. 350 p. Prix : 17 €.

Visuel : couverture du livre

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaixphoto : maxime dufour photographies.

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