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« Meurtres en Majuscules » : Hercule Poirot is (almost) back

« Meurtres en Majuscules » : Hercule Poirot is (almost) back

12 octobre 2014 | PAR Audrey Chaix

C’est un véritable événement dans le monde de l’édition de romans policiers : pour la première fois depuis le décès d’Agatha Christie, ses descendants ont accepté qu’un écrivain reprenne le personnage d’Hercule Poirot pour lui faire mener l’enquête dans le Londres de l’entre-deux-guerres. Avec Meurtres en Majuscules, Sophie Hannah accorde des vacances à Poirot : en effet, ce dernier a mis ses « petites cellules grises » au repos dans une pension londonienne. Mais c’est sans compter l’ingéniosité du crime qui sera mis sur sa route, et auquel il ne pourra pas résister…

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Si Sophie Hannah n’est pas très connue en France, elle a largement fait ses preuves outre-Manche. Biberonnée dès le plus jeune âge aux romans d’Agatha Christie, c’est elle qui a approché les héritiers de la reine du crime avec un projet de roman pour ressusciter le célèbre petit détective belge.

Meurtres en Majuscules reprend tous les codes des romans d’Agatha Christie, et c’est un vrai bonheur de retrouver Poirot et ses phrases arrogantes, ses petites cellules grises en surchauffe et son sens de la logique imparable. A ses côtés, c’est un inspecteur un peu balourd, Edward Catchpool, qui reprend le rôle d’Hastings – à qui le détective fait un joli clin d’œil au détour d’une réplique. Un triple assassinat qui semble impossible à résoudre, une artiste suspecte, une domestique bien éduquée… et surtout, un retour dans le passé pour comprendre l’énigme posée par les meurtres : les recettes éprouvées d’un bon Hercule Poirot sont toutes là, jusqu’à la révélation finale qui se fait en grande pompe, devant tous les protagonistes réunis sur le lieu même où le crime a été commis.

Là où le bât blesse, c’est que la résolution de l’énigme inventée par Sophie Hannah paraît très, très alambiquée – si bien que l’on n’est pas encore sûrs d’en avoir bien saisi toutes les subtilités. A trop vouloir imiter Agatha Christie, Hannah est peut-être allée trop loin dans la complexité des mobiles et de l’assassinat lui-même. Si bien qu’à l’instar de Catchpool, le lecteur se demande si « ce n’est pas un peu tiré par les cheveux ? » Effectivement, ça l’est peut-être un peu…

Il n’en reste pas moins que Meurtres en Majuscules reste une lecture très plaisante, qui respecte l’univers d’Hercule Poirot sans sombrer dans le pastiche. Un joli hommage à Agatha Christie.

Meurtres en Majuscules, de Sophie Hannah. Editions JC Lattès Le Masque. Traduit de l’anglais par Valérie Rosier. Paru en septembre 2014. 350 p. Prix : 20,90 €.

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaixphoto : maxime dufour photographies.

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