Fictions

« Un été » de Vincent Almendros : Plein soleil

« Un été » de Vincent Almendros : Plein soleil

24 décembre 2017 | PAR Julien Coquet

Dans un court roman qui lorgne vers le thriller, Vincent Almendros décrit une virée en mer où jeux de séduction entre personnages va être le point de bascul.

[rating=3]

Ca pourrait être un roman, ou bien une longue nouvelle. En fait, en littérature, ce format de récit a un nom précis : la novella, qui regroupe tout de même d’importantes œuvres littéraires : La Métamorphose de Kafka, L’Etranger de Camus, etc. Avec ses 96 pages, le roman de Vincent Almendros ayant obtenu le prix Françoise Sagan en 2015 peut se classer parmi ce genre.

Pierre, le narrateur, amène sa nouvelle compagne, Lone, suédoise, passer quelques jours en bateau avec son frère, Jean, et la compagne de celui-ci, Jeanne. Alors que tant d’histoires se fondent sur une rivalité entre frères, le danger de ce huis clos en pleine mer survient d’autre part puisque Pierre était en fait en couple avec Jeanne quelques années auparavant. C’est d’autant plus compliqué sur un petit bateau, un voilier, où les personnages ne peuvent couper à la proximité et où le maillot de bain est de rigueur, réveillant au passage certains désirs qu’ils croyaient enfouis.

Au-delà d’une intrigue qui pourrait rappeler Hitchcock avec un twist final, Vincent Almendros est un très bon peintre de ces quelques jours passés en plein été au large de l’Italie. On a chaud, on sent la crème solaire, on souhaite se rafraîchir dans cette mer calme. C’est aussi l’Italie que l’on découvre, envahie par les touristes à Capri. Sans être non plus d’un suspens insoutenable, Un été est un roman intéressant à plus d’un titre.

« Pour l’instant, j’avais plutôt l’impression que c’était sur Lone qu’il jetait un œil. Elle venait de dégrafer le haut de son maillot et de retirer le bas. Elle cacha le tout sous sa serviette après l’avoir roulé en boule comme une chose honteuse. La surface de peau qui n’avait pas encore été exposée au soleil dessinait deux triangles plus clairs sur sa poitrine. Elle se retourna. Ses fesses aussi étaient blanches. »

Un été, Vincent Almendros, Editions de minuit, 96 pages, 6,50 euros

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Julien Coquet

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