Fictions
« Ecotopia » de Ernest Callenbach : Make the planet green again

« Ecotopia » de Ernest Callenbach : Make the planet green again

25 janvier 2021 | PAR Julien Coquet

Récit utopique publié en 1975, Utopia décrit un pays où il fait bon vivre, loin de la pollution et des turpitudes de la ville. Un antidote au désastre en cours.

Le monde d’après la Covid ne sera plus jamais comme avant… Combien de fois avons-nous entendu cette phrase, alors que nous sommes encore en pleine épidémie ? Concrètement, existe-t-il des solutions pour changer radicalement le monde ? Certains essais, bien sûr, se posent la question, comme Tout peut changer. Capitalisme et changement climatique ou Plan B pour la planète. Le New Deal vert de Naomi Klein. Et si, finalement, le domaine de la littérature pure, de l’imaginaire même, était le plus à même de répondre à l’urgence écologique ?

En 1975, Ernest Callenbach publie aux Etats-Unis Ecotopia. Trois Etats de la côté ouest ont fait sécession afin de créer un Etat indépendant, une société entièrement axée sur l’écologie. La sécession s’étant faite dans la douleur, les relations entre l’Ecotopia et les Etats-Unis sont froides. Pour la première fois depuis vingt ans, un journaliste, William Weston, vivant à New York, est envoyé là-bas pour rendre compte d’un mode de vie qui intrigue et dérange. Perclus de préjugés, Weston raille allégrement le projet de ces marginaux avant de rencontrer une Ecotopienne qui lui fera changer d’avis. Et peut-être de vie.

Comme l’explique le traducteur Brice Matthieussent en préface, « contrairement à l’époque de la contre-culture où le roman a été écrit, l’utopie n’est plus dans l’air du temps ». S’il est fortement conseillé de lire aujourd’hui 1984 de Orwell ou Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, on oublie bien souvent de parler des utopies. On oublie de rêver. Car Ecotopia est un livre reposant, où il fait bon vivre. Porté par le mouvement hippie, Ecotopia propose une façon de vivre qui nous changerait radicalement. Les valeurs de cette société écologique? La paix, l’attention portée à tout prix à l’environnement, la démocratie, l’épanouissement de chacun, le respect et l’harmonie.

Ecotopia alterne intelligemment les réflexions que note Weston dans son carnet personnel et les articles professionnels qu’il envoie à son journal, le Times-Post. Si l’homme est réticent au départ, les Ecotopiens vont peu à peu le convaincre du bien-fondé de leur société, au point que Weston viendra à douter de son mode de vie new-yorkais. Très descriptif, le roman s’attarde sur chaque sphère de nos vies. La politique, les média, le sport, le bâtiment, les ressources énergétiques, la cuisine, etc. Ernest Callenbach brasse large pour prouver qu’un autre mode de vie est possible, tout en impactant chaque aspect de vie des Ecotopiens. Le recyclage est obligatoire, les écoles et les hôpitaux sont de petite taille, le train a presque remplacé les voitures individuelles, la semaine de 20 heures règle la vie de bureau. Alors oui, un autre monde est possible. Encore faut-il le vouloir.

« – Alors comme ça, ai-je contré, pour suivre un programme écologique extrémiste, des millions de gens ont accepté de renoncer à tout leur bien-être, économique et social ?
– Leur bien-être n’avait plus rien d’agréable à ce moment-là. Il fallait faire quelque chose. Et personne d’autre ne bougeait. »

Ecotopia, Ernest Callenbach, Folio SF, 336 pages, 9,20 €

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Julien Coquet

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