Fictions

« Les Aventures du brave soldat Švejk » de Jaroslav Hašek : un classique de la littérature tchèque

« Les Aventures du brave soldat Švejk » de Jaroslav Hašek : un classique de la littérature tchèque

26 juin 2018 | PAR Julien Coquet

Considéré comme l’un des romans les plus drôles jamais écrits, Les Aventures du brave soldat Švejk est réédité par Folio.

[rating=3]

Né dans les années 1920 en Tchécoslovaquie, le brave soldat Švejk est le héros d’un cycle de romans ambitieux : six volumes devaient paraître mais seulement trois ont été écrits. Dans le premier, « A l’arrière », que Folio propose, le lecteur apprend à connaître Švejk. A Prague, en 1914, Švejk part en guette la fleur au fusil. Mais sa maladresse qui va courir tout le long du roman ne va jamais le conduire sur le champ de bataille durant tout le premier volume. On suit Švejk de la préfecture de police à l’asile d’aliénés, de la prison militaire aux casernes ; il est tantôt vendeur de chiens, ordonnance de l’aumônier militaire, ordonnance du premier-lieutenant Lukas.

La naïveté de Švejk se situe toujours entre l’imbécillité et l’innocence, le personnage commençant toujours ses phrases par « Je déclare avec respect », soulignant son aveuglement à l’autorité, ce qui le conduit bien souvent dans des situations inextricables. Cette soumission totale révèle les failles du système que l’auteur dénonce : bureaucratie, militarisme, religion comme opium du peuple, chefs abusant de leur autorité. Le voyage auquel nous invite Jaroslav Hašek est absurde, mais drôlement absurde.

« Sur ses vieux jours, il s’est mis à étudier saint Augustin, celui qui faisait partie des Pères de l’Eglise, voyez. Là, il apprend que ceux qui croient aux antipodes doivent être damnés. Il fait donc venir sa bonne et il lui dit : « Dites-moi, vous m’avez dit un jour que votre fils était mécanicien et qu’il était parti en Australie. Ça voudrait dire qu’il se trouve au beau milieu des antipodes, ça. Or, voyez-vous, selon saint Augustin, tous ceux qui croient aux antipodes doivent être damnées. – Bonté divine, répond la bonne femme, et mon fils qui m’envoie des lettres et de l’argent d’Australie. – C’est une tromperie du démon, lui dit l’doyen, selon saint Augustin, l’Australie n’existe absolument pas, c’est une tentation de l’Antéchrist ! » »

Les Aventures du brave soldat Švejk, Jaroslav Hašek, Folio classique, 448 pages, 8,30 €

Visuel : Couverture du livre

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Julien Coquet

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