Essais

« Un matin j’étais féminisme » : un manifeste d’ego-engagement ouvert par Sophie Bramly

« Un matin j’étais féminisme » : un manifeste d’ego-engagement ouvert par Sophie Bramly

24 février 2019 | PAR Yaël Hirsch

L’auteure de Tout ce que les femmes ont toujours voulu savoir sur le sexe (2013) et fondatrice de secondsexe.com revient sur un engagement féministe ouvert et ferme, qui l’a suivie de son enfance laissée aux soins du père à l’âge de mère soucieuse de transmettre à sa fille. Un essai riche entre autobiographie et réflexion sur la condition féminine, en librairies le 27 février 2019.

Issue d’une famille juive-tunisienne, fille un peu abandonnée par une mère libre et choyée par un père à l’ancienne, Sophie Bramly fait des études d’art et puis commence à travailler comme photographe dans le milieu du hip-hop et du rap aux Etats-Unis, au début des années 1980. Passée à la télé, c’est elle qui installe MTV à Londres, avant de travailler en maison de disques pour Polygram. Le féminisme lui tombe dessus quand elle perd son travail après avoir créé le département de nouveaux médias chez Universal et quand elle réalise que aucune poupée pour sa fille n’est sexuée autrement que comme objet, avec la séparation du père. Elle coud elle-même une poupée libre de ses désirs pour sa fille et crée à la fois secondsexe.com dédié à la sexualité féminine en 2008 et l’Observatoire des Futur(e)s en 2012.

Dans un livre qui suit son propre parcours, Sophie Bramly fait référence à des grandes figures mythique (Lilith), historiques (Cléopâtre, Rachel) et pop (Madonna) ou contemporaines (Delphine Horvilleur) qui ont fat avancer la condition des femmes. Dans un féminisme ouvert, souvent différentialiste et persuadé que les meilleurs alliés sont les hommes, l’auteure fait le point sur ses lectures de sociologues, historiennes et anthropologue pour comprendre le devenir et la liberté des femmes, avec ses phases d’avancées et de recul. le lien à la musique et à l’art et précieux, elle permet d’entrer dans les coulisses d’une certaine création et des questions qu’elle a posées. Jamais manichéenne, précise sur l’affaire Weinstein sans jamais être 100 % #metoo, Sophie Bramly montre comment elle-même a évolué sur certains points, notamment l’écriture inclusive. Une somme vivante et en mouvement, qui inspire et pose des questions.
Sophie Barmly, Un matin j’étais féministe, Kero, 2858 p., 17.50 euros.
visuel : couverture du livre.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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