Essais

Rudy Ricciotti sur tous les fronts

Rudy Ricciotti sur tous les fronts

22 avril 2013 | PAR Elodie Rustant

L’impertinent et génial architecte Rudy Ricciotti se dévoile au travers d’une exposition que lui consacre la Cité de l’Architecture et du Patrimoine (voir notre critique). Cette monographie coïncide avec la sortie de l’ouvrage « L’architecture est un sport de combat », série d’entretiens musclés avec l’architecte publiés aux éditions Textuel.

ricciotti sport de combatLa réalisation du MuCEM aura propulsé Ricciotti sur le devant de la scène architecturale, peu de temps après l’inauguration en grande pompe du Département des arts d’Islam au Louvre pour lequel il conçut l’extraordinaire résille flottante surplombant la Cour Visconti.

Toutefois, l’exposition de la Cité de l’Architecture ne propose pas de clefs pour mieux comprendre l’œuvre de Ricciotti. Minimaliste, cette monographie que l’on pourrait davantage définir comme une installation, sort l’artillerie lourde en termes scénographiques mais semblera peu explicite aux néophytes. Des éléments de chantier monumentaux font face à des projections d’images en mouvement enveloppant le spectateur dans un halo bleu métal.

La minéralité si chère à Ricciotti trouve sa place dans les répliques de l’extraordinaire « maillage » du MuCEM. Mais aucune maquette, panneaux ou plans ne viendront apporter d’explications au spectateur. Le film de Laetitia Masson « L’Orchinoclaste » consacré à sa rencontre avec l’architecte éclairera davantage sur la personnalité bouillonnante de celui qui se définit volontiers comme un « métèque ».

Dans le passionnant ouvrage « L’architecture est un sport de combat » il décrit avec humour le tour de table qui l’opposa aux architectes les plus courus du monde lors du concours du MuCEM. A « Zaha Hadid, Londres », « Steven Holl, New York » se fut « Rudy Ricciotti, Bandol-sur Mer » qui fit figure de favori.

Le titre de l’ouvrage n’est bien sûr pas à prendre à la légère. C’est bien de combat dont il s’agit pour Ricciotti pour qui le véritable tour de force n’est pas « de devenir architecte mais de le rester ». Il égratigne copieusement la maitrise d’œuvre du musée du Louvre, les cabinets du maire, et autre décisionnaires, et livre un portrait sans concession du métier d’architecte aujourd’hui.

« Là est la preuve que ce métier se fait arme à la main et non avec le sourire mielleux de la Joconde » déclare t-il.
« L’Architecture est un sport de combat » de Rudy Ricciotti, David d’ Equainville, Editions Textuel, Parution : 3 Avril 2013

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