Essais
Rudolph Herzog, Rire et Résistance. Humour sous le IIIème Reich

Rudolph Herzog, Rire et Résistance. Humour sous le IIIème Reich

23 juillet 2013 | PAR Jean-Paul Fourmont

Écrivain et réalisateur allemand, fils du célèbre réalisateur Werner Herzog (« Aguirre ou la colère de dieu »), Rudolph Herzog publie une monographie sur l’humour et le IIIe Reich, récemment parue chez Michalon.

rire et resistanceL’HUMOUR POLITIQUE SOUS HITLER
Comme l’explique l’auteur, la question de l’humour sous Hitler divise beaucoup. Cependant, prétend Rudolph Herzog, on riait et surtout on riait de lui. Les moqueries étaient légion. Souvent, elles n’étaient pas très critiques envers le régime, puisqu’elles visaient principalement la nature humaine et ses faiblesses.

L’intérêt de cet ouvrage, c’est qu’il permet de savoir d’en savoir davantage sur l’état d’esprit de la communauté populaire allemande. L’humour servait en quelque sorte de soupape à la population. Une partie de ce qui était refoulé était évacué par le rire. Par exemple, le célèbre slogan « Führer, ordonne, nous suivrons » fut déformé en « Führer, ordonne, nous subirons ».

LES RISQUES ENCOURUS
Cependant, la plupart des auteurs des blagues étaient traînés devant les tribunaux, mais n’étaient finalement condamnés qu’à des peines légères. L’auteur rappelle néanmoins que les blagues les plus critiques à l’égard du régime pouvaient conduire au camp de concentration.

LA DEFAITE ET L’HUMOUR
Le début de la guerre, puis la défaite à Stalingrad ainsi que les premiers bombardements sur les villes allemandes eurent des conséquences notables sur l’humour. L’humour politique se transforma promptement en humour noir.

L’ouvrage de Rudolph Herzog permet de voir que le peuple allemand savait que des atrocités étaient commises, ce qui donna lieu outre-Rhin à des « plaisanteries » de mauvais goût. Ce livre original traite le nazisme sous un jour nouveau, celui de l’humour.

Certains faits relatés par l’auteur sont terribles, comme un directeur de cabinet qui fut obligé de monter un spectacle dans un camp et qui finit gazé. Ou encore le juif Fritz Gunbaum qui fut reconnu à Buchenwald, à qui on demanda de faire rire sur le champ et qui mourut ensuite.

Cet ouvrage écrit par un allemand pousse à la réflexion et ouvre des portes nouvelles en matière de connaissance du peuple allemand et de son attitude envers les nazis.

Rudolph Herzog, « Rire et résistance. Humour sous le IIIème Reich », Michalon, juin 2013, 304 p., 23 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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