Essais

Michel Cordillot, Utopistes et exilés du nouveau monde. Des Français aux Etats-Unis de 1848 à la Commune

Michel Cordillot, Utopistes et exilés du nouveau monde. Des Français aux Etats-Unis de 1848 à la Commune

12 octobre 2013 | PAR Jean-Paul Fourmont

Les éditions Vendémiaire publient un essai de Michel Cordillot, professeur émérite à l’Université Paris 8, sur les utopistes et les exilés français en Amérique entre la fin de la monarchie de Juillet et la Commune.

[rating=3]

utopistesNEW YORK, 17 DECEMBRE 1871
A cette date, en plein cœur de Manhattan, des milliers de badauds et de sympathisants se pressent pour voir arriver la procession funèbre organisée en mémoire de trois Communards, fusillés à Versailles moins de trois semaines auparavant. En tête du défilé, qui avance précédé d’immenses drapeaux rouges, se trouvent de nombreux Français massés derrière un imposant catafalque. Le succès de la manifestation est spectaculaire, puisque l’on parle de 10 000 participants, si bien que les journalistes présents sont interloqués et l’opinion publique américaine choquée.

VOYAGE EN ICARIE
Cette manifestation marqua l’apogée d’un mouvement né dès 1848, quand soixante-neuf disciples du célèbre auteur de Voyage en Icarie, Etienne Cabet, quittèrent la France pour le Texas. Ils furent ensuite suivis par des centaines d’autres communistes icariens désireux de fonder une communauté idéale. Ils furent également rejoints par les Fouriéristes emmenés par Victor Considérant.

LES VAINCUS DE JUIN 1848
Ces Utopistes, ces vaincus de 1848, ces Républicains en fuite après l’élection, puis le coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte, ces Communards en exil prirent les armes lors de la guerre de Sécession pour en finir avec l’esclavage. Puis, ils fondèrent les sections françaises de l’association internationale des travailleurs.

INFLUENCE DES REVOLUTIONNAIRES FRANÇAIS OUTRE-ATLANTIQUE
Cet ouvrage retrace l’histoire de la frange radicalisée de l’immigration française. Longtemps, les Etats-Unis ont soutenu toutes les révolutions du monde entier. Une nation elle-même née d’une révolution violente ne pouvait pas légitimement condamner les autres pays révolutionnaires, même si son attitude vis-à-vis de la Révolution française a été extrêmement équivoque. La chute du roi Charles X a par exemple été applaudie outre-Atlantique, mais le problème des Etats esclavagistes du sud a perturbé cette belle mécanique intellectuelle.

LE REFLUX DE LA NOTION DE REVOLUTION AUX ETATS-UNIS D’AMERIQUE
Après la guerre de Sécession, les Etats-Unis ont préféré privilégier l’égalité des chances au détriment de l’égalité sociale. La répression de la Commune eut une grande influence sur le danger que représente une révolution.

Le travail de Michel Cordillot est remarquable et très bien documenté. Il y a là la rigueur d’un universitaire. Cela permet de mieux appréhender les Etats-Unis et les conséquences des mouvements migratoires. Tout cela mérite d’être débattu et connu.

Michel Cordillot, Utopistes et exilés du nouveau monde. Des Français aux Etats-Unis de 1848 à la Commune, éditions Vendémiaire, juillet 2013, 375 p., 22 euros.

Peter A. Levine, Réveiller le tigre. Guérir le traumatisme
Emergence imminente de Mélanie Perrier au festival ZOA
Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *