Essais
Louise de Bettignies, espionne et héroïne de la Première Guerre : une biographie

Louise de Bettignies, espionne et héroïne de la Première Guerre : une biographie

01 septembre 2013 | PAR Jean-Paul Fourmont

Docteur en histoire, Chantal Antier est spécialisée dans l’étude des civils lors de la Première Guerre mondiale. Elle participe à l’Institut d’histoire des conflits contemporains. Elle est l’auteure notamment de 14-18. La vie au quotidien et de Les femmes dans la Grande Guerre. Chantal Antier publie Louise de Bettignies. Espionne et héroïne de la Grande Guerre, intéressant ouvrage dernièrement paru chez Tallandier.


« JEANNE D’ARC DU NORD »

Comment une jeune fille de bonne famille, qui se destine à entrer dans les ordres finit-elle par se retrouver à la tête d’un réseau de renseignements ? Tel est le mystère que l’auteure s’efforce de percer dans cette enquête. Célébrée en son temps comme une figure héroïque majeure, celle que l’on surnomma alors « la Jeanne d’Arc du nord » est aujourd’hui tombée dans un injuste oubli.

Née à Saint-Amand-Les-Eaux, dans une famille de la bourgeoisie catholique et industrielle, Louise de Bettignies était très marquée par son éducation chrétienne (1880 1918). Elle songea effectivement à entrer dans les ordres. Cependant, après des études à Oxford, Louise partit en Italie.

PRECEPTRICE EN EUROPE CENTRALE
Préceptrice en Europe centrale (elle parlait russe, espagnol, tchèque, anglais, allemand et italien), elle croisa furtivement l’empereur François Joseph et gagna une partie d’échec face au fils du Kaiser Guillaume II, le prince héritier Rupprecht de Bavière (qui la sortira plus tard d’une situation délicate).

ESPIONNE POUR LES BRITANNIQUES
Après avoir assuré une aide quotidienne aux soldats français (transports de lettres et passages de frontière), elle fonda le réseau RAMBLE (quatre-vingt personnes issues de toutes les couches de la population) pour les services d’espionnage britannique. Elle devint alors Alice Dubois. Son réseau fabriquait des faux passeports, bombardait « les trains plaisirs » (qui emmenaient les officiers allemands chez les petites madames de Lille) et collectait des renseignements.

ARRÊTÉE LE 20 OCTOBRE 1915
Arrêtée le 20 octobre 1915, Louis de Bettignies refusa de dénoncer ses compagnons d’arme et mourut d’absence de soins dans la solitude d’un hôpital allemand proche de Bonn, le 27 septembre 1918. Elle fut condamnée à mort et sa peine fut commuée en travaux forcés à perpétuité. La détention fut sévère, elle organisa des révoltes et subit des brimades.

Elle mourut comme Jeanne d’Arc, qu’elle voulut imiter. Son corps fut ramené en France. La Grande-Bretagne et la France lui rendirent hommage. Elle fut décorée de la croix de la Légion d’honneur. Une statue à son effigie fut édifiée à Lille, le13 novembre 1927.

Erudit et passionnant, ce livre rend hommage au courage des femmes pendant la Grande Guerre. L’enquête de Chantal Antier permet d’avoir une belle approche des femmes résistantes. Un très beau travail de transmission de connaissances !

Chantal Antier, Louise de Bettignies. Espionne et héroïne de la Grande Guerre, éditions Tallandier, avril 2013, 228 p., 19,90 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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