Essais
« Les voies du curating » : Hans Ulrich Obrist livre une réflexion autobiographique sur son art

« Les voies du curating » : Hans Ulrich Obrist livre une réflexion autobiographique sur son art

17 octobre 2015 | PAR Yaël Hirsch

Le critique et commissaire d’exposition suisse Hans Ulrich Obrist est aux manettes de l’exposition Take me I’m yours à la Monnaie. On pourra l’entendre parler de son savoir-faire avec de grands artistes et plasticiens en cette semaine de FIAC (voir le programme) et aussi lire sa réflexion sur le métier de « curator », qui s’apparente à une anamnèse réflexive et littéraire proche du récit de vie. Issue d’une somme d’expériences enthousiastes, la pensée qui se déroule dans Les voies du curating est originale et simple à suivre.

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Hans Ulrich Obrist, est aujourd’hui en charge des grandes expositions internationales à la Serpentine Gallery. Son histoire commence aux abords de Zürich par la rencontre d’un artiste local puis dans les années 1980 des grands plasticiens Fischli et Weiss. Direct, il rappelle que  la curation s’attache étymologiquement au soin. La vocation du curator est de conserver, faire un choix parmi des oeuvres nouvelles, contribuer à l’histoire de l’art par sa recherche – puis, très tardivement- à placer des œuvres sur des murs pour faire une exposition. Obrist lui-même est sorti du cadre classique de l’exposition en laissant libre cours à la performance pour ses proches (Boltanski, Boetti, Gilbert & George, Marina Abramovic), aussi bien dans sa cuisine zurichoise que dans l’antre dessinée par Zaha Hadid à la Serpentine.

Dans son livre, Obrist revient avec émotion et nostalgie sur 35 ans de carrière, de rencontres et de réflexions sur son métier. Évoquant des sujets aussi divers que les foires d’art, l’histoire récente des expositions ou l’urgence « do it » de la performance, il raconte son histoire sur le modèle littéraire des mémoires. Ponctuées par de grandes rencontres, habitées par l’aura de ses nobles prédécesseurs (harry Graf Kessler, Walter Hopps, Harald Szeemann…), faisant également la part belle à de grandes plumes (Edouard Glissant, Robert Walser) Les voies du Curating n’est pas sans rappeler le Monde d’hier de Stephan Zweig. Un monde d’hier qui regarderait tout de même vers un « demain » possible. Et un essai écrit dans un style oral, franc, parfois même naïf, qui simplifie et rend accessibles les concepts les plus sophistiqués. un livre sans chichis et qui flirte sans once de narcissisme avec l’autobiographie.

Hans Ulrich Obrist et Asad Raza, trad. Jean-François Allain, Les voies du Curating, Manuella Editions, 200 p., 19 euros

visuel : couverture du livre

Jeudi 22 octobre de 14h à 18h dans le Salon Guillaume Dupré de la Monnaie de Paris, assistez à la conversation de Hans Ulrich Obrist avec Christian Boltanski, et également : Etel Adnan, Julie Boukobza, Kerstin Brätsch & Sarah Ortmeyer, Arnaud Esquerre, Simone Fattal, Hans-Peter Feldmann, Gloria Friedmann, Felix Gaudlitz & Alexander Nussbaumer, Gilbert & George, Christine Hill, Carsten Höller, Fabrice Hyber, Koo Jeong-A, Alison Knowles, Bertrand Lavier et le maire de Bourg Lastic, Charlie Malgat, Patrice Maniglier, Angelika Markul, Otobong Nkanga, Roman Ondák, Eugénie Paultre, Julia Peyton-Jones, Sean Raspet, Daniel Spoerri, Franco Vaccari, Agnès Varda.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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