Essais
Les derniers jours des rois

Les derniers jours des rois

28 janvier 2014 | PAR Jean-Paul Fourmont

Sous la direction de Patrice Gueniffey spécialiste de la révolution et de l’empire, 18 historiens parmi lesquels, entre autres Georges Minois, Jacques le Goff, Philippe Contamine, Simone Bertière, Didier Le Fur évoquent à travers 19 chapitres la fin de rois ou empereurs qui ont marqué l’histoire de France.

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gueniffeyCOMMENT SONT MORTS LES PRINCIPAUX SOUVERAINS QUI ONT FAIT LA FRANCE ?
Les meilleurs historiens actuels répondent pour la première fois dans des contributions qui conjuguent exigence scientifique et écriture enlevée.
Qu’elles soient criminelles, accidentelles, longues ou spectaculaires, toutes les morts sont à la fois tragiques et éminemment politiques.

LA MORT DU MONARQUE EST LE MOMENT CLÉ DE SON EXISTENCE
La mort du monarque est paradoxalement le moment clé de son existence car elle conditionne son inscription dans la postérité.
Sa fin marque un commencement car elle l’oblige à s’élever au dessus de la souffrance par l’exemplarité et le sens de la grandeur.
Cet ouvrage est unique dans son genre et par la qualité des plumes qui apparaissent.
En lisant cet ouvrage, on peut constater que la mort a dans l’ensemble été» bonne fille» avec eux.
Les rois meurent en parlant comme au théâtre.
En général, le monarque se confesse et met de l’ordre dans ses affaires puis adresse les ultimes recommandations à ses successeurs.
Bien mourir est aussi le moyen d’achever une œuvre, d’infléchir le jugement de la postérité.
Fini coronat opus, Louis XVI n’est- il pas plus grand par sa mort que par son règne.
Bien entendu, le célèbre principe «le roi est mort, vive le roi» sans oublier l’autre principe» le mort saisit le vif» sont évoqués.
Tout ceci avait pour but de donner forme à la distinction fondamentale des deux corps du roi.
La célèbre maxime du juriste Loyseau, est rappelée « au même instant que le roi défunt a la bouche close, son successeur est roi parfait ».

LES ROIS MOURANTS SONT SOUVENT LOQUACES
Les rois mourants sont souvent loquaces, par contre la monarchie mourut en silence, d’où ces vers d’Apollinaire » homme de l’avenir souvenez-vous de moi: je vivais à l’époque où finissaient les rois. Tour à tour ils mouraient silencieux et tristes ».
Louis Philippe a dit son médecin qui lui révélait l’issue fatale proche » Je comprends, cher docteur, vous venez m’apporter mon congé ».
La mort de Napoléon à Saine Hélène est l’occasion d’un vers fameux de Lamartine « ici gît … point de nom ! Demandez à la terre ».
Dans sa belle préface Patrice Gueniffey évoque les présidents de la république et les présidents du conseil comme Clémenceau qui a dit en apprenant la mort de Félix Faure » en entrant dans le néant, il a du se sentir chez lui ».
Le voyage en Irlande du Général De Gaulle est évoqué avec le fameux geste au peuple français.
Un magnifique ouvrage, à lire et à relire, tant il est bien écrit et informé.

Patrice Gueniffey (dir.), Les derniers jours des rois, Editions Perrin, Janvier 2014, 350 pages, 19,90 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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