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« Consonance » à la Galerie Popy Arvani

« Consonance » à la Galerie Popy Arvani

28 janvier 2014 | PAR Franck Jacquet

Durant un mois la galerie Popy Arvani propose une exposition collective sous le signe de la « consonance ». Pour l’occasion se mêlent les productions de six artistes, dont certains habitués du lieu, mais surtout se confrontent peinture, dessin et sculpture. Intriguant de mises en rapport…

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Le parrainage Derrida
L’exposition est comme à l’habitude construite par Popy Arvani autour d’une citation, d’un auteur. A chaque fois, elle semble le désigner comme grand témoin du XXe siècle et de ses arts. Le choix fut cette fois dicté par le portrait réalisé de Camilla Adami de Jacques Derrida. Celle-ci poursuit la veine de ses dessins sur les corps et les penseurs (Barthes, Derrida donc…), travail déjà exposé récemment à la Galerie Beckel Odille Boïcos. Face à l’entrée trône donc un portrait resserré du visage du philosophe de La vérité en peinture et d’Artaud le Moma dont est tirée la citation-synecdoque de l’exposition : « Comme le mur de l’église, le musée est un subjectile : lieu d’accueil et d’accumulation qui garde la discordance, la relève et la sauve dans une consonance ». Intriguant… Il n’est point question de musée ici mais de galerie, celle-ci devenant donc le subjectile, support pour révéler les œuvres et les faire se confronter et dialoguer (d’où le titre consonance ?). C’est parce que cet espace – subjectile ne se dissout pas dans les œuvres qui sont exposées qu’il permet de conserver l’art en mouvement que doivent être celles-ci selon Derrida.
Que voit-on dialoguer sous les auspices du portrait au regard broussailleux ?

Du dessin à l’installation
On se pose la question de savoir de quoi la consonance est le nom ici : elle peut être interprétée successivement, en mettant en rapport les œuvres, comme une consonance poétique, musicale ou linguistique. Concrètement, on rencontre les toiles de Jean Lancri issues de son cycle « vélo », rappelant à la fois Duchamp et Dufy. Adrien Bonneterre propose ses ensembles mixtes mi-polyptiques mi-panneaux décoratifs où le dessin semble se perdre dans les brumes d’une forêt ou dans une nuit tantôt percée par le déchirement d’une brûlure décidée par à-coup par l’artiste. Bonneterre est un des habitués de la galerie et entre parfaitement dans la thématique esquissée pour l’occasion. En regard, les dessins du jeune Raphaël Larre reprennent des topoï de la peinture ou des images – symboles de l’histoire de l’art, comme l’Origine du monde de Courbet, mais il agence celles-ci pour construire une petite histoire, comme une bande dessinée… On trouve encore des évocations des vanités, larges peintures inquiétantes et sombres surplombées par un alignement de tombes (« stèles ») semblant clôturer la possibilité d’un dialogue. Fin de la consonance ? Certainement pas, la galerie ayant bien des projets pour sa dixième année d’existence.

Exposition : « Consonance », Lieu : Galerie Popy Arvani 7, rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11e, Ouvert du mardi au samedi de 15h à 19h

contact :[email protected]

Visuels :
– Adrien Bonneterre, technique mixte, 2013.
– Jean Lancri, peinture, années 2010.

Infos pratiques

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Franck Jacquet
Diplômé de Sciences Po et de l'ESCP - Enseigne en classes préparatoires publiques et privées et en école de commerce - Chercheur en théorie politique et en histoire, esthétique, notamment sur les nationalismes - Publie dans des revues scientifiques ou grand public (On the Field...), rédactions en ligne (Le nouveau cénacle...) - Se demande ce qu'il y après la Recherche (du temps perdu...)

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