Essais
Jean-Louis Beaucarnot, Nos familles dans la Grande Guerre

Jean-Louis Beaucarnot, Nos familles dans la Grande Guerre

31 octobre 2013 | PAR Jean-Paul Fourmont

Le généalogiste et historien des humbles et sans grade, Jean-Louis Beaucarnot restitue dans son dernier ouvrage paru chez Lattès les vies héroïques ou foudroyées de nos familles pendant la Grande Guerre.

[rating=4.5]

Jean-Louis Beaucarnot, Nos familles dans la Grande GuerreL’IMPACT DE LA GRANDE GUERRE
De nombreux livres ont été ou vont être publiés sur les soldats de la Grande Guerre. Jean-Louis Beaucarnot, de son côté, applique sa technique de recherche qui rassemble une belle connaissance historique avec la multiplication des témoignages de l’époque. Il s’agit de reconstituer la vie quotidienne des familles pendant la Première Guerre mondiale. Pour ce faire, l’auteur traite des familles séparées, divisées, ruinées, victimes de la grippe espagnole et de celles qui étaient dramatiquement divisées entre deux camps comme en Alsace.

L’HISTOIRE NON-ÉVÉNEMENTIELLE
Près de deux cents témoignages inédits et de nombreux dossiers portent sur la guerre et plus spécialement sur le climat à l’arrière, les annonces de décès, les déplacés, les victimes civiles, les croix et médailles militaires, les marraines de guerre, la grippe espagnole, les veufs et veuves, une armée énorme et composite.

Cet ouvrage est passionnant, car il restitue finement l’histoire non-événementielle, c’est-à-dire l’histoire de tout le monde. Par exemple, l’auteur montre comment les familles apprenaient la mort de leur proche. Souvent, le maire recevait un télégramme et devait l’annoncer aux familles, qui souvent recevaient ensuite une lette d’un compagnon de tranchée, témoignant de la bravoure du soldat tué. Ainsi un soldat put-il écrire qu’il s’« empresse de venir en deux mots de lettre, qui vont vous surprendre malheureusement. Je viens vous annoncer la mort de votre fils Frédéric Azéma. Il vient d’être frappé d’une mort glorieuse. Sa dernière parole a été c’est pas trop tôt » (p. 43). L’auteur raconte aussi l’attitude de Paul Doumer, quand il apprit la mort de son fils.

L’ouvrage comporte beaucoup de vies rapportées et les dossiers replacent leurs souvenirs dans le contexte historique. Bravo !

Jean-Louis Beaucarnot, Nos familles dans la Grande Guerre, JC Lattès, novembre 2013, 317 p., 21,50 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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