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« Dernier jour sur terre » de David Vann, de sang froid…

« Dernier jour sur terre » de David Vann, de sang froid…

09 septembre 2014 | PAR Le Barbu

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David Vann est né en 1966 sur l’île Adak, en Alaska, et y a passé une partie de son enfance avant de s’installer en Californie avec sa mère et sa sœur. Il a travaillé à l’écriture d’un premier roman pendant dix ans avant de rédiger en dix-sept jours, lors d’un voyage en mer, le livre qui deviendra Sukkwan Island. Pendant douze ans, il cherche sans succès à se faire publier aux États-Unis : aucun agent accepte de soumettre le manuscrit, jugé trop noir, à un éditeur. Ses difficultés à faire publier son livre le conduisent vers la mer : il gagnera sa vie en naviguant pendant plusieurs années dans les Caraïbes et en Méditerranée. Après avoir traversé les États-Unis en char à voile et parcouru plus de 40 000 milles sur les océans, il échoue lors de sa tentative de tour du monde en solitaire sur un trimaran qu’il a dessiné et construit lui-même. En 2005, il publie A mile down, récit de son propre naufrage dans les Caraïbes lors de son voyage de noces quelques années plus tôt. Ce livre fait partie de la liste des best-sellers du Washington Post et du Los Angeles Times. Ce premier succès lui permet de gagner partiellement sa vie grâce à sa plume et il commence à enseigner. David Vann propose alors Sukkwan Island à un concours de nouvelles qu’il remporte et, en guise de prix, voit son livre publié en 2008 aux Presses de l’Université du Massachusetts. L’ouvrage est tiré à 800 exemplaires puis réimprimé à la suite de la parution d’une excellente critique dans le New York Times. Au total, ce sont pourtant moins de 3 000 exemplaires de cette édition qui seront distribués sur le marché américain. Publié en France en janvier 2010, Sukkwan Island remporte immédiatement un immense succès. Il remporte le prix Médicis étranger et s’est vendu à plus de 230 000 exemplaires. Porté par son succès français, David Vann est aujourd’hui traduit en dix-huit langues dans plus de soixante pays. Une adaptation cinématographique par une société de production française est en cours. David Vann est également l’auteur de Désolations, Impurs et de sept autres livres pour certains encore inédits aux États-Unis. Il partage aujourd’hui son temps entre la Nouvelle-Zélande où il vit et l’Angleterre où il enseigne tous les automnes la littérature.

14 février 2008. Steve Kazmierczak, 27 ans, se rend armé à son université. Entre 15 h 04 et 15 h 07, il tue cinq personnes et en blesse dix-huit avant de se donner la mort. À 13 ans, David Vann reçoit en héritage les armes de son père, qui vient de mettre fin à ses jours. Quel itinéraire a suivi le premier avant de se faire l’auteur de ce massacre ? Quel parcours le second devra-t-il emprunter pour se libérer de cet héritage ? L’écrivain retrace ici  l’histoire de Kazmierczak, paria solitaire, comme tant d’autres. Comme lui par exemple qui, enfant, se consolait en imaginant supprimer ses voisins au Magnum.

Reprenant les thèmes des films Bowling for Columbine de Michael Moore et Elephant de Gus Van Sant, David Vann analyse les profondeurs de l’âme humaine avec un style hypnotique, tranchant, et froid. Il retrace le parcours d’un tueur de masse violent et pervers, fasciné par les armes et les affaires de tueries sur les campus américains. Tueries qui lui procure l’ivresse que la vie n’est pas capable de lui offrir. « Dernier jour sur terre » est un livre passionnant, perturbant, dont  l’enjeu est d’établir une mise en regard entre la propre jeunesse de l’auteur et celle du tueur, et de s’interroger : pourquoi ce dernier a basculé, et lui pas?

« Dernier jour sur terre » de David Vann, collection Totem, éditions Gallmeister, sortie le 11 septembre 2014.

À l’occasion de la parution de deux nouveautés en septembre 2014, Goat Mountain et Dernier jour sur terre, vous pourrez retrouver David Vann

au Festival America de Vincennes les 13 et 14 septembre ainsi qu’au festival Les Mots Doubs de Besançon  les 20 et 21 septembre.

– Le 15 septembre, à 20h, Kathleen Evin reçoit l’auteur à L’Humeur vagabonde sur France Inter.

– Le 16 septembre, à 18h30 rencontre à la BFM  avec la librairie Page & Plume de Limoges.

– Le 17 septembre, à 16h30 à la Médiathèque de Ligugé puis à 18H30 à librairie Gibert Joseph de Poitiers.

– Le 18 septembre, à 16h rencontre à la bibliothèque centrale de Caen puis séance de dédicace à 18h à la librairie Au brouillon de culture de Caen.

– Le 23 septembre, à 19h rencontre suivie d’une séance de dédicace au Théâtre des Célestins à Lyon avec Quais du polar et la librairie Passage.

– Le 24 septembre, à 18h rencontre-débat à la librairie Mollat de Bordeaux.

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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